Beaucoup d’entraîneurs d’Anderlecht se retrouveraient sur la sellette après deux défaites consécutives contre des clubs belges. Ce n’était pas le cas d’Ariël Jacobs; et à Courtrai, il a même doublé son crédit. Son changement à la mi-temps - Rnic par Losada - a tellement fait basculer le match, qu’il a séduit ses employeurs. "Jacobs était notre 12e homme, ce soir", lâchait Philippe Collin.

L’homme qui a réalisé le souhait du coach sur le terrain était donc Losada. Alors qu’Anderlecht oubliait de garder le ballon dans l’équipe lors d’une première mi-temps désastreuse - le 1-0 à la mi-temps était plus que mérité, Anderlecht était à 45 minutes d’une pénible crise - l’Argentin a osé jouer au foot en salle sur la surface glissante. "Je suis heureux comme un gosse d’avoir pu jouer 45 minutes, avouait-il. Je suis donc encore vivant, je n’ai pas oublié comment jouer au foot."

Pour un Argentin, ce n’est pas évident de se distinguer dans des conditions glaciales. On se rappelle le premier match de Frutos au GB, où il se retrouvait plus au sol que debout. "Je me souviens aussi de ce match, même si je n’étais pas sur le terrain. La différence est que Nico est grand et moi léger. Avec le GB, contre Mouscron, j’avais aussi joué un excellent match sur cette surface."

En effet, ce 22 décembre 2007, Losada avait à lui seul balayé Mouscron sur une patinoire. "Losada est une version améliorée de Lozano", avait dit l’entraîneur des Hurlus, Geert Broeckaert, après le match. Samedi, il a remis ça. "Ne croyez pas que j’aime ce temps. En Argentine, il fait 30 degrés. Le foot pratiqué sur une piste de glace est affreux pour les supporters, je le sais. Mais à nous de nous y adapter, vu les matches à Noël de la saison prochaine."

Entre-temps, Losada n’a qu’une moyenne de 32 minutes de jeu par match. "Au stage à La Manga, je me suis dit que je devais savourer chaque minute de jeu. J’ai 26 ans, je ne dois pas paniquer. Je n’ai plus rien à prouver en Belgique. La majorité des gens sait comment je joue. Que ce soit une minute de jeu, 45 ou 90 : je veux aider ce club à remporter le titre. Ce soir, j’ai contribué à la conquête des trois points en or. Puisque les autres favoris au titre ont gagné, la victoire vaut six points."