ENVOYÉ SPÉCIAL EN ESPAGNE

L a clé, c'est d'avoir le contrôle du ballon et de jouer relativement groupé afin de laisser un minimum d'espace à notre adversaire» : Luis Aragones ne fait pas mystère de ses intentions avant d'affronter, ce soir, la Belgique sur la pelouse du stade du Sardinero.

Fin tacticien et vieux renard, le sélectionneur espagnol a passé toute la semaine à donner quelques «ficelles» à ses joueurs. Il a beaucoup travaillé, notamment, les phases arrêtées. «Dans le football moderne, elles sont essentielles. Saviez-vous que 70pc des buts inscrits au plus haut niveau sont la conséquence d'une phase arrêtée?»

Hier, à l'occasion d'une séance d'entraînement à huis clos, Luis Aragones a donc sûrement mis l'accent sur cet aspect stratégique du jeu. Il sait que tout se joue souvent sur un détail, en attaque comme en défense. Et, ce soir, il n'a pas droit à l'erreur. «Nous jouons chez nous, devant notre public. C'est à nous d'assumer nos responsabilités. Il nous faut gagner et, si possible, en jouant bien», dit-il.

Voilà plusieurs semaines que le sélectionneur espagnol analyse, sur vidéo, le jeu des Diables Rouges. «C'est une équipe qui a un style assez indéfini, plutôt technique. Je m'attends à ce qu'elle joue très prudemment, en misant sur des contre-attaques. Elle possède quelques bonnes individualités comme Goor, Bisconti ou Buffel ou Mpenza. Et puis, je me méfie beaucoup de Sonck. C'est un poison et, en plus, il tire très bien les coups francs. C'est un des meilleurs spécialistes européens. Je crois sincèrement que nous sommes un peu meilleurs. Mais, prudence...» explique-t-il.

Pour plaire à des «aficionados» plutôt frileux à l'égard de leur Seleccion et pour repartir sur de bonnes bases, l'équipe espagnole veut montrer, à Santander, un visage spectaculaire. Là encore, Luis Aragones joue carte sur table. Il alignera deux ailiers spécifiques (Joaquin à droite, Reyes à gauche), un milieu offensif (Xavi, redoutable dans ses tirs lointains) et deux attaquants madrilènes de pure souche (Raul du Real et le jeune Fernando Torres de l'Atletico). «Raul aura toute la liberté qu'il veut. Je souhaite qu'il se fasse plaisir sur le terrain» confie encore le sélectionneur. Ce dernier ne s'attend pas à un match facile. «L'important est de bien faire circuler le ballon, rapidement, sans le perdre bêtement» répète-t-il.

© Les Sports 2004