Entretien

Même en Azerbaïdjan où les Diables s’apprêtent à disputer un match gonflé d’enjeux, le Belge le plus connu est Romelu Lukaku. Tout juste débarqué, le nouveau joueur de Chelsea s’est confié sur sa nouvelle vie.

Romelu Lukaku, vous avez dit que vous pleureriez le jour où vous joueriez vos premières minutes pour Chelsea…

C’est ce que j’ai fait. Pas directement après le match, mais à mon retour à la maison. J’étais très heureux d’être monté au jeu. 41 000 personnes qui scandent votre nom, des cris ou chuchotements à chaque touche de balle : c’est merveilleux. Kompany m’avait dit que le football se vit de façon incroyable en Angleterre. Force est de constater qu’il avait raison.

Vous auriez pu marquer, mais Mata a mis la balle au fond lui-même.

Oui. Sur le moment même, j’ai fait signe que j’étais libre. Mais puisqu’il a marqué, il n’est pas question de discuter. Les autres joueurs m’ont d’ailleurs dit que j’aurais fort bien pu la rater

Etes-vous déjà bien accepté par le groupe ?

Oui. Je côtoie surtout les francophones comme Anelka, Malouda et Drogba, mais je m’entends également super bien avec les Anglais comme Lampard. Ce sont des gars qu’on ne connaît que via la télévision. Maintenant, je fais partie de leur bande.

Avez-vous encore vu Drogba après le match ?

Non, j’ai demandé de ses nouvelles à Malouda qui m’a prévenu qu’il subissait un scanner à l’hôpital, pour juger de la gravité de sa collision avec le gardien de Norwich. Je lui ai envoyé un message. Avant le match, il m’avait incité à manger davantage. La Premier League, c’est la guerre avec ce qu’elle implique comme forces nécessaires. Habituellement, je ne mange que des pâtes et du poulet. Mais Drogba avait raison. Après cinq minutes, j’étais déjà à bout de souffle mais satisfait. J’ai fait deux remises à Anelka que je n’aurais pas su faire à Anderlecht.

Suite au niveau des entraînements ?

Oui. La première semaine, j’ai souffert. Mais depuis lors, cela va de mieux en mieux. J’ai déjà plus tiré au but que lors des six derniers mois. L’entraîneur ne cesse de me parler. J’ai été impressionné par le niveau des autres. Quand Drogba délivre des coups francs à l’échauffement, il en marque 18 sur 20. Le fruit de l’entraînement.

Avez-vous eu le temps de visiter la ville ?

J’ai été chez Harrods (NdlR : le magasin de luxe à Londres), mais je n’ai pas beaucoup le temps, vu mon programme chargé. A 10 heures, on doit être dans le vestiaire, mais j’y suis à 9 heures pour faire mes exercices de stabilisation. Puis, on déjeune. Ensuite, on s’entraîne et on mange. Et après, je rentre à l’hôtel et je tombe de sommeil. Je suis lessivé par la dureté des entraînements On fait parfois des exercices de démarquage sur 20 m².

Qu’est-ce qui vous manque le plus ?

La nourriture de ma maman. Mais directement après les matches, je prends le taxi et le train pour être à la maison. Je passe deux jours chez moi. Je reprends le dernier train du lundi soir. Maman m’a appris les rudiments culinaires. Bientôt, je vais habiter dans une maison. Mon cousin, Laury Mokamba, va m’accompagner. Et je n’habite pas très loin de Dembélé. Il vit de l’autre côté d’un lac. On va parfois manger ensemble.