L’ex-entraîneur du Standard ne tolère pas que sa réputation puisse être salie par les accusations incomplètes de Bruno Venanzi.

En explosant lundi, la bombe de Bruno Venanzi a éclaboussé trois coaches. Guy Luzon, Ivan Vukomanovic et José Riga ont tous été T1 à un moment de la saison passée.

Vuko a réagi directement : "Bruno Venanzi en a dit trop ou pas assez. Qu’il dise quel coach, quel joueur, quel montant… Je suis tranquille car je n’ai rien à me reprocher."

Riga, lui, n’a pas répondu à nos sollicitations depuis lundi. En revanche, mardi, Guy Luzon est sorti de sa réserve. Ou plutôt de ses gonds. Car l’entraîneur israélien, aujourd’hui en poste à Charlton, n’a pas mâché ses mots, comme le révèle La DH.

"Personne, en Belgique ou ailleurs, n’a le droit de salir mon nom", lance Guy Luzon. "Je demande à Bruno Venanzi de m’innocenter dans les 24 heures. S’il ne dit pas clairement que ce n’est pas moi le coach qu’il vise par cette déclaration, je l’attaquerai en justice. Car en ne disant pas qui c’est, il jette le doute sur les trois coaches. Personne ne peut mettre mon honnêteté en doute. Peu importe le coach concerné, si cette histoire est vraie. Je ne lui demande pas de donner le nom du coach. Juste qu’il fasse la clarté me concernant en disant que ce n’est pas moi."

Concrètement, si Guy Luzon n’obtient pas ce qu’il demande, il pourrait porter plainte au civil pour atteinte à la réputation afin d’être blanchi.

La justice s'en mêle

Le Parquet de l’Union belge a réagi suite à ces révélations. Contacté par la DH, Marc Rubens, le procureur de laFédé, a annoncé que le Parquet avait décidé d’ouvrir une enquête. "Nous voulons savoir ce qui s’est exactement passé pour voir s’il y a eu ou non falsification de la compétition de la part du joueur et/ou du coach", révèle Marc Rubens.

S’il y a falsification de la compétition - mais cela sera sans doute difficile à démontrer -, le joueur et le coach risquent au minimum une suspension, qui pourrait être étendue au niveau international si le comité exécutif envoie le dossier à la commission de discipline de la Fifa.

Le Standard, en revanche, ne risque rien puisque, d’après Bruno Venanzi, ni lui ni Roland Duchâtelet n’étaient au courant au moment des faits.

"Le club pourrait au contraire s’estimer victime dans cette affaire", commente Me Grégory Ernes, avocat du sport chez Altius. "Comme toute personne qui s’estime lésée - cela pourrait aussi être les joueurs qui faisaient partie du noyau du Standard la saison passée ou même les supporters -, le Standard pourrait porter plainte au pénal pour corruption privée active et passive ayant entraîné un préjudice pour le club. Un juge d’instruction pourrait alors désigner pour enquêter afin de savoir qui sont le joueur - ou son agent… - et le coach concernés par cette corruption. Le juge d’instruction a énormément de pouvoir pour mener cette enquête… Et si cela aboutit, les personnes qui ont participé à cette corruption privée seraient condamnées à payer des dommages et intérêts."