Entre le 29 mai 1985 et le 21 décembre 1998 (vote de la loi football, voir ci-contre), la Belgique n'est pas restée les bras croisés. Au lendemain de la tragédie, fut créée, sous l'égide du ministère de l'Intérieur, la commission Magotte, chargée de passer les stades belges au crible afin d'en relever les carences sur le plan de la sécurité. De nombreuses mesures furent imposées en matière d'infrastructure (séparation des groupes de supporters par des grilles, installation de caméras de surveillance, etc.).

La présence policière fut renforcée, la vente d'alcool interdite lors des matches à hauts risques, les convois de fans en déplacement furent encadrés, les trublions punis plus sévèrement par la justice, etc.

La Belgique joua également la carte d'une prévention contrôlée. On créa la fonction de «spotter», les «spotters» étant des policiers en civil chargés de suivre les supporters potentiellement dangereux et d'installer un climat de confiance avec eux. On lança la formule du «fan coaching» dans un certain nombre de clubs à risques. Sociologues, criminologues, assistants sociaux y prirent en charge les éléments les plus remuants, en leur proposant des activités valorisantes en dehors du foot.

En 1994, furent installés les premiers «stewards», civils formés par l'Union belge afin d'assurer l'accueil des spectateurs dans les stades et de jouer un rôle tampon entre supporters difficiles et forces de l'ordre. L'expérience acquise grâce à l'organisation de l'Euro 2000 a également servi mais il reste assurément du chemin à faire.

© La Libre Belgique 2005