En cette fin d’année, l’heure est aux bilans. Celui du Standard est au moins décevant et inquiétant. Sans le miracle Bolat contre l’AZ, il serait même catastrophique avec les trois objectifs qui seraient à ranger aux oubliettes. Les Liégeois terminent l’année avec 28 points sur 57 (29 sur 60 si on tient compte de Mouscron comme dans le schéma ci-contre). Quelles en sont les causes ?

1 L’absence de Defour. Un seul être vous manque et tout est dépeuplé ? C’est trop simple car aucun joueur n’est indispensable. Mais l’absence du capitaine liégeois, c’est aussi la perte d’un véritable leader, capable de tirer le groupe vers le haut, et patron de l’équipe et du vestiaire.

2 Les pépins de De Camargo. Les chiffres sont éloquents : 23 sur 36 avec Igor titulaire, 6 sur 24 sans Igor titulaire. C’est après sa blessure que le Standard a perdu pied même si ce n’était pas génial avant. Defour et De Camargo en moins, le Standard ne presse plus et joue vingt mètres plus bas.

3 L’envie et la mentalité. La différence entre des champions et des grands champions, c’est la capacité à ne jamais se relâcher et à enchaîner les succès plusieurs saisons durant. Le Standard a perdu trois pions essentiels (Fellaini, Dante, Onyewu) mais il a chaque fois laissé six mois entre ces départs, soit le temps de trouver une parade adéquate pour les compenser. Mais ce groupe donne l’impression d’être blasé par les deux titres même si, du onze aligné au Cercle, seuls Sarr, Witsel et Mbokani ont connu les deux apothéoses. Mais l’équipe n’éprouve visiblement plus le besoin de faire ses preuves dans la compétition domestique. La fin d’un cycle ?

4 L’influence de Bölöni sur son groupe. Si la plupart des reproches des joueurs à son égard ne sont que des caprices déplacés et peu adaptés au sport de haut niveau, il convient d’admettre qu’un fossé s’est creusé entre Bölöni et une partie de son groupe.

5 L’étroitesse du noyau. Le Standard a été champion avec un noyau d’une valeur potentielle et d’une profondeur identiques à celui-ci mais les deux années précédentes, il a été épargné par les blessures. Cette saison, Laszlo Bölöni n’a jamais pu aligner deux fois la même équipe : Ramos, Bolat, Rocha, Dacourt, Defour, Jovanovic, Mbokani, De Camargo, Dalmat, Collet : que de blessés sérieux cette saison, sans compter la suspension de Witsel. C’est la limite de la politique dirigeante du Standard mais c’est celle-ci qui a rapporté deux titres.

6 La jeunesse du noyau. Le Standard a pris le parti de donner une chance aux jeunes. Cette politique est louable et, quand ça tourne bien, ils s’imbriquent parfaitement et s’épanouissent puisqu’ils ont le talent pour. Mais quand ça tourne mal, ils n’ont pas les épaules assez larges pour relever la tête seuls. Ces jeunes ont besoin de points de repère et de guides sur le terrain. Ils n’en trouvent que trop peu au Standard.