Manuel Ferrera, 42 ans, ancien entraîneur de l'équipe de football du Sporting Charleroi, a comparu, lundi après-midi, devant la 3e chambre du tribunal du travail de Charleroi. Il réclame au Sporting carolo une indemnisation de plus de 8 millions de francs (200.000 euros) pour licenciement abusif. Selon lui, un complot aurait été monté contre lui.

Manuel Ferrera a travaillé 8 mois et demi au Sporting de Charleroi comme entraîneur de l'équipe de 1ère division du 15 mars 2000 au 29 novembre 2000. Il avait signé un contrat à durée déterminée de 39 mois avec celui-ci mais a été renvoyé du club pour des raisons extra-sportives.

Les avocats de Manuel Ferrera, maîtres Filip Goemans et Francis Hertsens, ont expliqué que leur client est arrivé au Sporting à un moment ou l'équipe était en forte difficulté. «Un des buts de l'entraîneur carolo était de maintenir celle-ci en 1ère division, ce qu'il a réussi puisqu'il a réussi à redresser sportivement le club », a expliqué Filip Goemans.

Ce dernier a encore ajouté : «Manuel Ferrera a refusé d'autres contrats quand il travaillait au Sporting, notamment celui proposé par un club israélien, car il voulait faire carrière à Charleroi ».

«Mon client aurait été mis à la porte du Sporting parce qu'il ne convenait pas à la fonction. Ce licenciement est injustifié ! »

«Cette révocation est abusive et doit être lourdement sanctionnée », a renchéri Francis Hertsens. Le Sporting de Charleroi a proposé un poste de conseiller-recruteur a Manuel Ferrera, que celui-ci a refusé. Le 12 décembre 2000, le club de football a rompu le contrat de l'ex-coach et a payé à ce dernier une indemnité de 4.078.000 fb (101.000 euros). Le double de cette somme a été réclamée par l'intéressé.

Enzo Scifo, joueur-actionnaire-administrateur, avait repris le poste de coach après avoir été contraint d'arrêter comme joueur pour raisons médicales.

Manuel Ferrera a quant-à-lui retrouvé une place d'entraîneur à Alost en avril 2001.

«Manuel Ferrera a été renvoyé du Sporting de Charleroi parce qu'il n'a pas respecté son devoir de réserve et de discrétion vis-à-vis du club », a expliqué Dominique Piret, avocat du Sporting de Charleroi.

Le jugement sera prononcé le 15 octobre. (BELGA)