"Nous avions encaissé quinze buts durant les qualifications pour le dernier Euro. C'était beaucoup trop. J'ai donc mis ma patte, en installant un bloc compact, le but étant de laisser peu d'occasions à l'adversaire." Pari gagné pour Marc Wilmots, qui livre les recettes de son succès diabolique à FIFA.com, le temps d'une interview accordée au site officiel de la Fédération lors de son passage au Brésil au début du mois de décembre dernier.

Dans cet entretien, Marc prend le temps de raconter le coach Wilmots. Un homme "professionnel, perfectionniste, rigoureux… Mes six saisons en Allemagne sont passées par là. Je suis à cheval sur la ponctualité, sur le respect de certaines règles de vie." Mais aussi un sélectionneur très proche de ses joueurs. Peut-être même un capitaine avant d'être un coach: "Je suis certes sur la touche, mais je me sens encore très joueur. En match, je communique avec mes hommes de la même façon que je le faisais avec mes coéquipiers, il y a quelques années."

Une méthode qui porte visiblement ses fruits: "J'ai le sentiment que mes joueurs ont adhéré à ma manière de travailler. […] Pour le top niveau, l'équipe doit avoir envie de s'arracher ensemble. Quand je parle d'équipe, j'inclus tous les joueurs, y compris ceux que j'appelle les joueurs de réserve, qui doivent commencer le match sur le banc. Pour moi, il n'y a pas de remplaçant, il n'y a que des titulaires. Et je crois que cette idée a été bien intégrée, vu le nombre de fois où mon banc a fait la différence."

Vient ensuite la fameuse question, qu'on pourrait trouver dans la partie 'dissertation' de l'examen du parfait entraineur: 'Définissez votre philosophie de jeu'. Et c'est bel et bien le Marc Wilmots citoyen de toute la Belgique qui répond: "En flamand, on dit 'voor verdedigen', ce qui signifie 'défendre en avançant'. L'idée est de ne pas laisser d'espace et d'occasion à l'adversaire. Cela demande beaucoup de coaching et de force mentale. En attaque, j'estime qu'il faut se créer un minimum de cinq-six occasions par match. […] J'aime les gens qui osent. La Belgique a les joueurs pour oser et se faire plaisir. C'est un facteur très important pour moi."

Et quand on lui fait remarquer que l'examen du classement des buteurs de la phase qualificative ne révèle pas un buteur incontournable, Marc Wilmots explique pourquoi c'est un avantage: "Je n'aime pas avoir qu'un buteur. Si il est en panne, on est mal. Je préfère avoir tout un panel." Avant de développer, en s'appuyant sur son système de jeu: "Je joue donc avec un triangle renversé, avec un seul 6 mais deux 8, lesquels se projettent vers l'avant, et sont capables de marquer. On l'a vu en Écosse avec Steven Defour."Le sélectionneur oublie de préciser que c'est la seule fois où ses fameux 'infiltreurs' ont marqué de cette manière depuis sa prise de fonction, mais bref.

Pour conclure, Willy passe évidemment au jeu des ambitions. Et ne se cache pas: "Par expérience, je sais que réussir à sortir des poules n'est pas évident. Passée la phase de groupes, tu ne dois avoir qu'une seule idée: aller au bout. Mais chaque match est une finale, qui peut dépendre d'un penalty, d'une décision arbitrale, de tellement de facteurs... Je serais déçu de ne pas atteindre les huitièmes de finale. C'est mon premier objectif. Après, on verra."

FIFA.com joint à l'interview une vidéo où Marc Wilmots raconte notamment le fameux but annulé face au Brésil. On vous la met ci-dessous, mais on vous prévient: même douze ans après, c'est toujours aussi difficile à regarder.