Le 18 septembre dernier, Marc Wilmots et Gilbert Bodart, les deux copains du Standard devenus entraîneurs d'un club de l'élite se retrouvaient, au Staaienveld, pour un affrontement déjà crucial entre leurs clubs respectifs, Saint-Trond et Ostende.

Ce samedi 19 février se jouait le retour. Gilbert Bodart manquait à l'appel sur le banc du club côtier: il avait déjà été remercié.

Marc Wilmots, lui, n'a pas survécu à la douzième défaite du club limbourgeois: il a été averti par téléphone, hier matin, que Saint-Trond le renvoyait avec effet immédiat.

«Marc lui-même m'a prévenu, par téléphone, de son limogeage, révèle Peter Delorge, le capitaine d'équipe trudonnaire. Il m'est apparu terriblement déçu de ne pas avoir pu mener à bien une entreprise qui lui tenait à coeur. Avant de raccrocher, il m'a adressé un ultime message: tout faire pour aider le club à rester en D 1. Cette réaction atteste la classe naturelle de Marc Wilmots. Elle ne m'a pas étonné. Personnellement, je n'avais jamais douté de la valeur humaine de notre... ex-entraîneur.»

Peter Delorge ne le cache pas: il s'est d'emblée senti plus proche de Marc Wilmots qu'il ne l'avait été de Jacky Mathijssen, le prédécesseur du citoyen le plus célèbre de Dongelberg. «Jacky était le patron. Il avait pris ses distances avec le groupe. Marc était très proche des joueurs. Il m'avait institué capitaine. Je n'ai pas souvenance qu'un entraîneur m'ait investi de la confiance que me vouait Marc Wilmots.»

C'est Roland Duchatelet, le bâilleur de fonds presque providentiel, qui a imposé le Hesbignon comme entraîneur d'un effectif qu'il convenait de recimenter au plus vite. L' enveloppe financière était un peu chiche. Mais il y avait urgence. Marc Wilmots recomposa, avec ses relations et son discernement mais en veillant à ne pas obérer davantage les finances, un effectif sans doute trop hétéroclite et trop léger.

Les dirigeants trudonnaires n'en ont-ils pas tenu assez compte? Les mauvais résultats s'enchaînant, Marc Wilmots essuya bientôt du gros temps. Il n'échappa pas aux coups de semonce et aux mises en garde.

«Que pouvait-il faire d'autre? le défend encore Peter Delorge. Depuis que j'évolue à Saint-Trond, je n'ai jamais enregistré une telle hécatombe de joueurs blessés. Hayen, Kalisa, Beda ont, tour à tour ou simultanément, été sérieusement blessés. Croyez-vous qu'il soit anodin, pour n'importe quel coach de l'élite, de devoir modifier sa défense presque chaque semaine?»

Marc Wilmots a-t-il étranglé le groupe par un excès de discipline?

«Je m'inscris en faux, ici aussi, analyse le capitaine. Nous sommes censés être des pros. Nous devons donc pouvoir nous prendre en charge et, par exemple, être seuls responsables du non respect des horaires, par exemple.»

Saint-Trond a-t-il cédé à la panique? Peut-être. Marc Wilmots a sûrement commis des erreurs, lui aussi. L'expérience aurait pu perdurer. Aujourd'hui, il est probable que Guy Mangelschots va reprendre davantage les rênes techniques du club...

© Les Sports 2005