De nouveaux incidents ont éclaté samedi sur le Vieux-Port de Marseille où étaient rassemblés plusieurs centaines de supporters avant le match Angleterre-Russie de l'Euro 2016. Un supporter est entre la vie et la mort.

Dix-neuf personnes ont été blessées samedi à Marseille (sud de la France) dans des violences entre supporters avant le match Angleterre-Russie, selon les pompiers, dont un Anglais qui a été hospitalisé, entre la vie et la mort.

Selon une source policière, le supporter a reçu vers 17H30 "des coups de barre de fer, vraisemblablement à la tête", et un CRS a tenté de le ranimer sur place avant qu'il ne soit évacué vers l'hôpital. Il a fait un malaise, a été ranimé, mais son pronostic vital est engagé, a complété le préfet de police Laurent Nunez. Des journalistes ont vu un homme à terre, le visage tuméfié et ensanglanté, en train de subir un massage cardiaque de la part des forces de l'ordre.

Supporter frappé au sol par plusieurs autres, chaises de bars qui volent, projectiles lancés sur les forces de l'ordre, nuages de lacrymogènes: un nouveau seuil dans la violence a été franchi samedi sur le Vieux-Port de Marseille, avec une série de heurts entre supporters des deux camps et contre les forces de l'ordre. Les scènes de guérilla urbaine s'y succèdent crescendo depuis jeudi soir.


"Pas une bonne idée de programmer ce match à 21h"

Ces nouveaux affrontement ont éclaté vers 16H00 alors qu'étaient rassemblées plusieurs centaines de supporters, souvent très alcoolisés. Les marins-pompiers avaient dénombré vers 19H30, 13 blessés dans le centre de Marseille, dont un homme pris en charge en arrêt cardio-vasculaire. "Ce n'est pas une bonne idée d'avoir programmé le match à 21H00. D'ici là, tout le monde sera complètement bourré", a dit dans l'après-midi un supporter anglais, Danny Hart, 23 ans. Un autre fan anglais, qui n'a pas donné son nom, a affirmé que lui et ses camarades avaient été chargés par "une centaine de Russes venus de nulle part".

Vers 20H00, à une heure du coup d'envoi du match, de nouveaux incidents ont éclaté près du stade Vélodrome.

Les principales craintes liées à la sécurité pour l'Euro concernent les éventuels attentats. Mais les violences de Marseille rappellent que le hooliganisme est toujours là et que la crainte du terrorisme ne doit pas l'éclipser: Angleterre-Russie est d'ailleurs l'une des cinq rencontres du premier tour classées à risques.



L'UEFA condamne

L'UEFA, instance suprême du foot européen qui gère l'Euro-2016, a "fermement condamné" dans un communiqué les "incidents à Marseille", dénonçant "des actes de violences" de "gens qui n'ont rien à faire dans le football". Pour garantir le bon déroulement de l'accès des supporters au Vélodrome, la préfecture de police avait prévu deux itinéraires différents pour Russes et Anglais afin d'"éviter tout trouble à l'ordre public". Mais impossible visiblement d'empêcher les bagarres autour des terrasses de café.

Ces scènes renvoient 18 ans en arrière, presque jour pour jour: elles rappellent les violences qui avaient entouré le match Angleterre-Tunisie les 14 et 15 juin 1998 au premier tour du Mondial et avaient impliqué des supporteurs anglais, tunisiens et de jeunes Marseillais. "C'est les Anglais. A quoi vous attendiez-vous? On sait ce que ça va donner quand ils viennent ici", a déploré Laurent Ferrero, patron d'une pizzeria. Le Vieux-Port est jonché d'innombrables bouteilles de bière brisées - parfois par packs entiers -, de chaises et de tables des bars voisins, qui s'empressent de fermer leurs terrasses et de se retrancher à l'intérieur, derrière les rideaux de fer.


"On n'est pas venus pour ça"

"Abritez-vous!". Vers 17H00 samedi, une vague de supporteurs déferle près du Vieux-Port de Marseille, chaises et bouteilles fendent l'air et de violentes bagarres éclatent entre Britanniques, Russes et Français avant le match Angleterre-Russie de l'Euro 2016. Ces violences, que quelque 250 policiers et gendarmes ont tenté d'endiguer en recourant notamment à des grenades de gaz lacrymogène, ont laissé un supporteur anglais entre la vie et la mort.

Le Vieux-Port s'est rempli de fumées. Un homme à terre est roué de coups par plusieurs autres, jusqu'à ce que les forces de l'ordre interviennent et le dégagent. Dans les rues marchandes derrière le port, les passants s'abritent dans les boutiques. Un Anglais torse nu, le visage en sang : "J'ai besoin d'aide, on m'a tout pris, mon téléphone" dit-il en larmes. Deux femmes l'invitent à s'abriter dans le McDonald's voisin.

Le Vieux-Port est jonché d'innombrables bouteilles de bière brisées -parfois par packs entiers-, de chaises et de tables des bars voisins, qui s'empressent de fermer leurs terrasses et de se retrancher à l'intérieur, derrière les rideaux de fer. Près d'une bouche de métro, trois supporters anglais, le visage ensanglanté, sont soignés par des infirmiers. "J'ai perdu mes amis", dit un Anglais âgé d'une cinquantaine d'années, "On n'est pas venus pour ça", soupire-t-il, avant de s'abriter précipitamment derrière un kiosque à journaux.

A Marseille samedi, à quatre kilomètres de l'ambiance survoltée du Vieux-Port, c'est dans une atmosphère bien différente que se côtoient calmement d'autres supporters anglais et russes, arrivés en nombre au rond-point du Prado, à côté du Stade Vélodrome où doit se dérouler le match Angleterre-Russie. "Oui, on a entendu ce qui s'est passé (au Vieux-Port), mais vous savez, on est des milliers de supporteurs, et il y a forcément quelques gars excités", explique Clive, venu avec des amis de Newcastle. "On chante beaucoup, on boit beaucoup, mais on vient d'abord pour s'amuser", poursuit ce géant, la croix sur fond blanc peinte sur les joues, qui reconnaît avoir déjà ingurgité "quelques" pintes de bière.

L'avenue devant le stade a été bloquée à la circulation et les forces de l'ordre sont bien visibles, près du stade et plus loin près de la fan zone, où une compagnie de force mobile est stationnée.

Des supporters britanniques et russes, accompagnés de policiers français de la brigade anti-hooliganisme, font également des rondes. Ils tentent de repérer d'éventuels interdits de stade ou d'anticiper les comportements à risques pour les signaler à la police française.


Brèves échauffourées au Vélodrome entre supporters après Angleterre-Russie

De brèves échauffourées ont éclaté entre supporters à la fin du match Angleterre-Russie (1-1), samedi soir au Vélodrome de Marseille, match du groupe B de l'Euro-2016. 

Quand les joueurs sortaient du terrain après le coup de sifflet final, il y eut quelques empoignades, quelques projectiles lancés et des bousculades dans les travées, mais rien de comparable aux incidents qui ont eu lieu plus tôt dans l'après-midi sur le Vieux-Port.

Lors des échauffourées avant le match en ville, trente et une personnes ont été blessées et prises en charge dans des hôpitaux, dont un Anglais qui se trouvait entre la vie et la mort, selon la préfecture de région.

© REPORTERS

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