La commission de discipline de la Fifa a mis un terme au feuilleton né de l'incident entre Zinedine Zidane et Marco Materazzi en finale du Mondial 2006 en renvoyant les deux hommes dos à dos et en écartant la thèse des propos racistes proférés par l'Italien. L'instance présidée par le Suisse Marcel Mathier a condamné les joueurs à des sanctions pratiquement similaires, trois matches de suspension et 4.800 euros d'amende pour Zidane, deux matches de suspension et 3.200 euros pour le défenseur de l'Inter Milan. La commission a en quelque sorte ménagé l'ancien n° 10 des Bleus et a souhaité tenir compte du caractère particulier et exceptionnel de la situation du Français, convoqué en tant que principal accusé mais parti à la retraite.

«Sachant que Zidane met un terme à sa carrière, la commission a pris note que Zinedine Zidane s'engageait, au-delà des sanctions prononcées à son encontre, à se rendre disponible auprès de la Fifa pour des activités humanitaires menées par l'instance dirigeante du football mondial en faveur des enfants et des adolescents», a déclaré le porte-parole de la Fifa. Une demande formulée apparemment par Zidane lui-même. Les dirigeants français ont salué cette décision, soulignant que le provocateur a été puni et lourdement sanctionné.

Le président de la Fédération française, Jean-Pierre Escalettes, a estimé que cette condamnation «fera jurisprudence» et «servira à nous tous, dans les ligues, dans les districts, à la Fédération française de football» pour lutter contre les comportements antisportifs.

Nouvelle jurisprudence?

La Fifa a surtout voulu faire taire l'une des principales polémiques nées du coup de tête de Zidane en balayant la thèse des insultes racistes prononcées par Materazzi, sans pour autant entrer dans le détail. «Les deux joueurs ont unanimement admis que les propos de Materazzi constituaient une atteinte à l'honneur mais qu'ils n'étaient pas de nature raciste», a indiqué le porte-parole de la Fifa.

La commission de discipline n'a pas déchu Zidane de son titre de meilleur joueur de la Coupe du monde. Paradoxalement, les condamnations à l'encontre de la «victime» Materazzi, sanctionné pour provocation répétée, auront plus d'incidence puisque le défenseur devrait manquer la revanche de la finale, le 6 septembre au Stade de France, dans le cadre des qualifications à l'Euro 2008.

Autre objet de litige, l'utilisation de la vidéo par le 4e arbitre pour avertir l'arbitre de champ a été réfutée par la Fifa. (AFP)

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