Qui pourra l’empêcher en janvier prochain de décrocher le Soulier d’Or et le défilé médiatique qui constituera ensuite un passage obligé ? Personne.

Samedi, certains craignaient de voir Mbokani fatigué par sa semaine européenne ou affecté par le passage d’un petit virus dont il se serait bien passé. Il n’en fut rien. "Et pourtant, je peux vous dire que j’étais grippé. Mais je crois que cela m’a finalement aidé. C’est en sentant que je n’étais pas bien que je me suis dit que je devais faire la différence."

Résultat des courses : trois buts de plus au compteur, des prétentions renouvelées au titre honorifique de meilleur buteur mais aussi un double constat à la sortie des terrains hennuyers.

Un homme, deux constats

Primo, alors qu’on annonçait un duel serré entre Mbokani et Perbet, le Congolais aura aisément prouvé qu’il ne boxait pas dans la même catégorie que son homologue français. "J’ai juste fait mon travail. J’étais très concentré aujourd’hui. Je veux marquer plus de vingt buts cette année. Le deuxième face à Mons m’a fait davantage plaisir parce que toute l’action était joliment menée. Mais il faut aussi dire que je n’ai jamais évolué dans une équipe qui recèle autant de qualités. Même le meilleur Standard que j’ai connu n’était pas à ce niveau-là."

Mais à la différence de classe entre Mbokani et Perbet s’ajoutait samedi soir un deuxième constat : le Congolais jouit aujourd’hui d’un crédit démentiel au Parc Astrid. Même fiévreux et grippé, Mbokani aura en effet été préféré à un Tom De Sutter qui doit tout doucement commencer à se refaire un sang d’encre après avoir cru que son statut de remplaçant avait été modifié en un rôle de lieutenant.

Alors, si le Sporting semble grand, c’est aussi parce que "Dieu" apparaît tout puissant. Seul le privilège des penaltys tirés lui paraît pour l’heure refusé (Guillaume Gillet, buteur ce weekend face au pauvre Jarju obligé de reprendre les gants d’un Berthelin exclu, et Lucas Biglia se chargeant tour à tour de la mission). Mais au-delà de ce fait anecdotique, c’est bel et bien autour de lui que l’équipe semble tourner. L’image d’un Massimo Bruno, presque contraint de livrer ses meilleurs ballons à Mbokani sous peine de voir les foudres de Dieu le toucher, était d’ailleurs révélatrice : "Il fait parfois trop dribbles. Il doit apprendre à jouer plus simple." Une parole d’évangile ?