Medhi Bayat, l'administrateur délégué de Charleroi, regrettait profondément que le match entre son équipe et le Standard n'ait pu une fois encore se dérouler normalement dimanche soir. "Je suis un dirigeant déçu mais l'arbitre a appliqué le règlement", a soupiré Bayat à l'issue d'une rencontre arrêtée définitivement à la 68e minute en raison du jets de projectiles et de pétards de la part des supporters des deux camps.

"Ce qui est arrivé cette fois, c'est le copier-coller de ce qui s'est passé la saison dernière si ce n'est que, cette fois, le match a été interrompu définitivement", a poursuivi le dirigeant carolorégien. "Après les faits de la saison dernière, nous avons discuté avec les supporters pour les conscientiser. Manifestement, nous n'avons été assez stricts. Notre message n'a pas été entendu. Il faut trouver une solution pour que ce match puisse se jouer normalement. Ce n'est pas logique que la vie des gardiens et des joueurs soit mise en danger. J'avais précisé aux supporters qu'il sont là pour supporter et non pas pour être des acteurs de la rencontre. Leur rôle est de pousser leur équipe à jouer le mieux possible. Ce que les fans du Standard et de Charleroi n'ont pas fait".

"Un règlement a été mis au point et l'arbitre l'a appliqué. Il a appliqué le règlement et nous devrons en payer les conséquences. Je ne vais pas ouvrir le débat sur le verdict de l'affaire. Le règlement est clair mais je ne suis pas à même de juger. Le Sporting acceptera la décision. La réflexion sera globale puisque les deux camps son responsables".


Serge Gumienny: "La sécurité des joueurs n'était plus garantie"

"La sécurité des joueurs ne pouvait plus être garantie", a justifié l'arbitre de la rencontre Serge Gumienny au micro de Play Sports.

"Nous ne pouvions plus garantir la sécurité des joueurs et c'est pourquoi nous avons arrêté la rencontre", a expliqué l'arbitre Gumienny. "Après la première interruption, j'ai fait savoir à tous les responsables qu'en cas de deuxième incident, la rencontre serait arrêtée définitivement. Je vais noter tous les faits dans mon rapport. Ils sont clairs. Les supporters du Standard ont jeté des projectiles vers le gardien Penneteau. Ensuite, nous avons demandé d'arrêter via le speaker du stade. En deuxième instance, nous sommes rentrés à l'intérieur et avons attendu assez longtemps pour que les esprits se calment. Nous avons encore passé un appel en expliquant que si cela se produisait à nouveau, le match serait arrêté définitivement. Malheureusement, c'est arrivé encore une fois. Même le délégué de la fédération en tribune fera un rapport. Les deux seront envoyés au Comité Sportif, qui décidera ce qu'il se passera avec le résultat. Les éventuelles sanctions suivront."

Thibault De Gendt, directeur de la compétition à l'Union belge de football, a réagi sur Twitter: "Vraiment dommage pour les supporters qui soutiennent leur équipe de manière positive. Tant l'arbitre que le Match Delegate rédigeront un rapport. Ces rapports seront soumis aux instances fédérales compétentes qui prendront une décision à ce sujet."

L'arbitre Serge Gumienny avait interrompu la rencontre une première fois après le deuxième but liégeois. Le gardien de Charleroi Nicolas Penneteau avait été la cible d'un lancer de pétard et de briquets par les supporters liégeois. Une deuxième interruption, d'une dizaine de minutes, est survenue après le troisième but du Standard. Plus tard dans la rencontre, c'est le gardien du Standard Guillaume Hubert qui a reçu un gobelet lancé par les supporters de Charleroi. Ceux-ci ont également envoyé un fumigène sur le terrain provoquant l'arrêt définitif de la partie.