À Bruges, rien ne se passe jamais tout à fait comme ailleurs.

Après avoir survolé les quatre premiers mois de compétition (quatorze rencontres sans perdre le moindre point), le Club semble vivre aujourd'hui sur des rythmes nettement moins cadencés.

Faut-il parler d'essoufflement, d'accident de parcours ou de crise de confiance alors que l'équipe ne s'est, jusqu'ici, inclinée qu'à une seule reprise face au Sporting d'Anderlecht?

11 TITRES ET SOUVENT DEUXIÈME

En cette première soirée de décembre 2000, les Mauves s'étaient emportés devant les caméras de Canal + dans l'espoir d'éteindre, une fois de plus, des voix brugeoises conquérantes.

Mission accomplie! Depuis cette défaite, les joueurs de Sollied ont péniblement battu par le plus petit écart deux équipes au championnat incertain (1-0 face au Lierse et 0-1 à Genk) avant de concéder quatre matches nuls (face à Mouscron, Lokeren, le Standard et La Louvière) tout en observant une nouvelle perte de 8 points dans la course au titre.

La rivalité qui berce les relations entre Brugeois et Anderlechtois ne date pas d'hier. La compétition 2001 résume donc parfaitement le scénario habituel marqué par une lutte acharnée dans la conquête du sacre suprême entre les deux plus grosses écuries belges.

Titulaire à ce jour de onze titres, dont six virent le Sporting d'Anderlecht terminer à la deuxième place, le Club Brugeois connaît un début d'année pourri par des pelouses minées par un hiver instable et par des commentaires absurdes concernant le style de jeu prôné par Sollied.

Pour certains observateurs, l'effet de surprise se serait estompé et certains disposeraient des atouts nécessaires pour contrer les schémas tactiques du grand Norvégien.

En début de saison aussi, les scouts

avisés déclaraient détenir la clef de ce système. Mais les failles qu'il montre actuellement illustrent surtout que c'est son application par les joueurs Brugeois qui est moins parfaite.

Sollied a toujours préféré enseigner son savoir de manière intense et répétitive pour inculquer des gestes précis à ses joueurs. Jouissant d'une certaine philosophie du jeu, Sollied dispose de joueurs à l'esprit moins clair et à la hargne érodée.

Et si ses schémas se retrouvent sous silence aujourd'hui, c'est surtout par la force d'un adversaire de plus grande taille encore. Anderlecht ne lâche rien pour l'instant et, à rythme constant, pourrait fêter de nouvelles promesses en mai.

Bruges terminerait ainsi, et pour la douzième fois de son histoire, à la deuxième place du général dont huit fois derrière ces sacrés Mauves!

© La Libre Belgique 2001