Les plus joueurs espéraient une surprise, il leur a fallu déchanter. Au cours d’une soirée réglée comme du papier à musique, Lionel Messi s’est logiquement emparé d’un Ballon d’or qui viendra gonfler un palmarès déjà bien épais.

A vrai dire, la cérémonie d’hier fut bien souvent à deux doigts de tomber dans l’ennui tant il est vrai que le scénario semblait déjà coulé et les discours récités. Même le sourire de Shakira, venue remettre le prix de joueuse Fifa de l’année à la Japonaise Homare Sawa, ne parvint pas à décoincer une soirée où les lumières et la naphtaline s’étaient une fois encore mélangées.

Seuls quelques visages alourdis par l’usure et le poids des années levèrent hier quelques frissons dans l’assemblée. Il en fut ainsi de l’entrée du roi Pelé, dont l’inaliénable sourire ouvrit la cérémonie. Il en alla de même du retraité Ronaldo qui, embourbé dans ses kilos en trop, rappela malgré lui à tous les amateurs de football que la gloire peut aussi laisser des plaies.

Côté belge, on attendait sans trop l’avouer la présence de Vincent Kompany dans l’équipe-type de l’année. Les internautes votants en décidèrent toutefois autrement, laissant Ramos, Vidic, Piqué, Dani Alves former une défense centrale derrière laquelle pointait l’inoxydable Casillas. Dans le milieu du jeu, Xabi Alonso, Iniesta, Messi, Xavi complétaient la sélection dont la ligne d’attaque se ramenait aux seuls noms de Rooney et de Christiano Ronaldo.

La composition de l’équipe affichée, les maigres ficelles de suspense étaient déjà effilochées. Christiano Ronaldo absent, Messi s’emparait tranquillement de son 3e Ballon d’or, égalant Johan Cruyff dans un "historique" que Barcelone se plaît à meubler. Avec Pep Guardiola en entraîneur de l’année, Lionel pouvait s’en retourner. Rasséréné.