Rencontre

Même un commentateur politique aussi pointu que Luc Van der Kelen (Laatste Nieuws) l'avait reconnu après avoir été pour le moins perplexe : l'organisation de la phase finale de l'Euro 2000 en Belgique en partenariat avec les Pays-Bas et le grand-duché de Luxembourg avait été un véritable succès pour Alain Courtois. Devenu entre-temps député MR, proche de la vision originale de la société de Gérard Deprez, l'ancien magistrat s'apprête à mettre sur les rails un défi plus fort encore : accueillir la Coupe du monde de foot en 2018 toujours avec nos "partenaires" du Benelux !

Fin avril, la campagne devrait être lancée officiellement à Bruxelles, de préférence dans un haut-lieu de prestige, question de montrer à l'opinion internationale que la Belgique peut parfaitement jouer dans la cour des grands sur le terrain parfois glissant de l'organisation d'événements planétaires.

C'est parce qu'il veut prouver qu'"impossible n'est pas belge, ni bruxellois d'ailleurs" qu'Alain Courtois veut de nouveau se mouiller le maillot. Le moment n'est pas innocent non plus dans l'agenda belgo-belge. A l'heure où d'aucuns veulent mieux inscrire Bruxelles et sa région sur la carte politique nationale - voir ci-contre - l'ancien secrétaire général de l'Union belge de football entend rappeler que le sport à la fois à travers sa pratique quotidienne et ses grands moments fédérateurs est aussi un atout essentiel pour la région centrale du pays.

"Soyons sérieux", commente Alain Courtois "Bruxelles a la prétention d'être une ville mondiale mais nous ne galvaudons que trop nos chances et elle apparaît souvent comme un chef-lieu de sous-préfecture. En fait, nous manquons d'ambition. On vient de louper un congrès mondial de chirurgie parce qu'il n'y a pas de lieu pour accueillir 8 000 personnes en même temps. C'est incroyable, comparé, par exemple, à une ville comme Dusseldorf".

Si Alain Courtois nourrit aussi de grands espoirs culturels pour sa ville, il a de bons espoirs pour que la Belgique puisse accueillir un des trois plus grands événements au monde avec les Jeux olympiques et les expos universelles : "nos différentes instances politiques, du fédéral au local en passant par le régional sont convaincues de ses retombées qui valent bien des missions économiques à l'étranger. N'oublions pas non plus que 2018 est aussi l'année du septantenaire du Benelux". Alain Courtois est aussi optimiste parce que l'idée de construire un nouveau stade national digne de ce nom près du canal a aussi de plus en plus de supporters. Bref, sans vendre la peau de l'ours avant d'avoir la bénédiction de la Fifa, le parlementaire bleu qui reste un de nos grands ambassadeurs du sport belge croit raisonnablement dans les chances de la Belgique même s'il faudra affronter la concurrence de la Grande-Bretagne qui aimerait bien retrouver la World Cup un demi-siècle après l'édition de 1966. "La vocation de Bruxelles est d'être multiculturelle. Une phase finale de Coupe du monde lui permettrait de mettre en exergue cette dimension mais notre grand problème est que nous n'avons pas la culture du sport."

Reste donc à convaincre non seulement les décideurs politiques mais aussi la société civile : ce n'est pas seulement comme homme politique mais aussi comme citoyen bruxellois qu'Alain Courtois participera ce week-end au colloque de "Bruxsel"...