Entretien

Après avoir signé un contrat le liant au Standard jusqu’en fin de saison, sans option pour la saison suivante, Mircea Rednic a donné sa première conférence de presse en tant qu’entraîneur du Standard hier à l’Académie.

"Je suis très heureux de revenir ici , commente l’ex-défenseur, qui a joué au Standard de 1991 à 1996. J’étais en train de discuter avec une autre équipe belge (NdlR : La Gantoise) mais quand le Standard m’a appelé, je n’ai pas hésité une seconde. J’ai directement démissionné (NdlR : il était sous contrat à Petrolul Ploiesti) . J’ai passé cinq années merveilleuses ici et j’en garde beaucoup de très bons souvenirs. J’ai gardé une maison à Liège. Quand je passais près du stade, je me disais : ‘Je rêve de revenir comme coach .’ Je devais attendre mon tour. Là, le rêve est devenu réalité."

Vous arrivez dans un contexte très difficile…

Je sais que j’ai pris un risque car le Standard est dans une situation difficile. Mais je suis un Standardman et il fallait que je vienne aider le club. Le Standard m’a donné beaucoup. C’est le premier club où j’ai joué une fois que l’interdiction de quitter la Roumanie a été levée. Ici, je suis devenu un autre homme. Maintenant, je veux rendre cela au Standard.

Le Standard et le championnat belge ont beaucoup changé en quinze ans…

Mais la mentalité et l’esprit n’ont pas changé. Et ils se sont peut-être même améliorés avec les performances des dernières années.

Les supporters sont en colère parce qu’ils ne reconnaissent plus leur club, justement…

Je sais que les supporters sont fâchés. Je lance d’ailleurs un appel aux supporters : il faut nous soutenir, moi et l’équipe, et je vous promets que je mettrai mon expérience et mes qualités dans ce travail pour faire une bonne équipe et pour atteindre les objectifs fixés.

Quels sont ces objectifs ?

Les mêmes qu’en début de saison : les playoffs 1, un ticket européen, la Coupe Quand on dit Standard, on dit performance. Mais pour être performant, il faut travailler. Seul, je ne peux rien faire. J’ai besoin du soutien des joueurs. Le Standard n’est pas bien au classement, mais les autres équipes ont aussi perdu des points.

Vous pensez avoir le noyau pour atteindre ces objectifs ?

Je trouve qu’il y a de la qualité dans mon groupe. Sur le plan individuel. Après, à moi de faire une équipe performante. Je demande un peu de patience. Je vais d’abord apprendre à connaître mes joueurs. Vu que le match à Genk est déjà mercredi, je vais discuter avec Peter Balette et il n’y aura pas beaucoup de changements. Je veux que tout le monde joue à sa place de prédilection. Après, on verra quels joueurs, quel système.

Quel style de jeu prônez-vous ?

Bien qu’étant un ancien défenseur, je joue offensivement. En possession de balle, je veux que tout le monde attaque. Même le gardien (sourire) . Et en perte de balle, tout le monde défend. Je veux un football efficace, avec de la détermination. Les joueurs doivent retrouver la confiance, qui fait défaut vu les résultats. Le Standard a pris beaucoup de buts, je vais m’atteler à ce problème en priorité.

Vous aimez aussi jouer avec deux attaquants.

Cela dépend des joueurs à disposition, mais je pense avoir ce qu’il faut. A domicile, je joue avec deux attaquants. En déplacement aussi, si c’est possible. Le Standard est une équipe qui doit s’imposer, qui doit imposer son jeu.

Quel style de coach êtes-vous ?

Je suis très exigeant. Je demande à mes joueurs beaucoup de rigueur et de discipline, sur le terrain et en dehors. Je sais que les joueurs ont désapprouvé la décision de virer le coach précédent. C’est bien de soutenir le coach, mais je préfère des joueurs qui soutiennent leur entraîneur par des actes plutôt que par des mots. C’est peut-être à cause d’eux que la direction décide de virer le coach. Le coach prépare le match, analyse l’adversaire, mais sur le terrain, ce sont les joueurs qui ont les cartes en main. Si quelqu’un a quelque chose à dire, il va trouver le président ou le coach. Je suis dispo vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Mais il ne passe pas par la presse.

Avez-vous déjà évoqué le mercato avec la direction ?

Oui. Je sais que j’aurai l’appui de la direction s’il faut des renforts. Mais avant de dire qu’il en faut, je dois d’abord faire une évaluation de l’effectif. Il reste deux mois avant le mercato

Grozav, que vous aviez à Petrolul et qui cartonne en Roumanie, connaît le Standard…

En Roumanie, il est titulaire en club et en équipe nationale. Je suis surpris qu’il n’ait pas réussi à s’imposer ici. On ne sait jamais pour l’avenir (sourire)...