Le parcours de Miroslav Klose dans cette Coupe du monde a de quoi susciter l’admiration, surtout quand on s’attache à la défunte saison. Une saison noire pour le meilleur buteur du Mondial 2006, qui, dans son club, le Bayern Munich, ne trouvait plus grâce aux yeux de son entraîneur. Barré par Thomas Müller notamment, le joueur d’origine polonaise était en mal de buts (trois en 2009/2010, soit un de moins qu’en Afrique du Sud !), en crise de confiance. "Cela fait longtemps que je n’avais pas été aussi en forme. J’ai beaucoup travaillé ces derniers mois pour préparer cette Coupe du monde", avait-il assuré avant la rencontre face à l’Argentine.

Cette centième sélection restera sans doute gravée dans la mémoire de Klose, lui qui a trompé Romero à deux reprises ; inscrivant ses 51e et 52e. "Ce n’est pas la plus belle parce que c’était la 100e, mais parce qu’on a bien joué et gagné, assure l’artificier du Bayern. On a livré une très belle performance d’équipe et marqué à chaque fois au bon moment. Cette équipe a énormément de talents, elle le montre à chaque match. Cette jeunesse et cette insolence sont vraiment notre force."

Le voilà désormais au rang du mythique Gerd Müller, avec 14 réalisations en Coupe du monde, à une petite longueur du Brésilien Ronaldo alors que l’Allemagne aura encore d’office deux matches à jouer "Ce n’est pas un but en soi, ce record. Ce qui est important, c’est que l’équipe gagne. Je préférerais être champion du monde que d’avoir ce record et dépasser Ronaldo. Bien sûr, c’est flatteur d’être au même niveau que Gerd Müller, mais je veux la Coupe du monde."

Et dire qu’il était suspendu contre le Ghana après son exclusion face à la Serbie Toujours en course pour reconduire son titre de meilleur buteur après celui conquis en 2006, Klose va devoir rattraper Villa, auteur d’une cinquième "rose" samedi soir face au Paraguay. "Villa, c’est un joueur extraordinaire. Je l’ai toujours suivi, je suis très content pour lui qu’il rejoigne le FC Barcelone, un club qui lui va comme un gant. Il est très habile, aussi bon du gauche que du droit, il a vraiment beaucoup de qualités. C’est un joueur comme Messi et il va falloir que toute l’équipe travaille ensemble pour le museler, car en un-contre-un, cela sera très difficile ", a-t-il ajouté.

Comme un poisson dans l’eau dans cette séduisante Mannschaft, Miroslav Klose rêve de voir l’aventure se poursuivre jusqu’au bout : "Ce n’est pas difficile pour cette équipe de garder les pieds sur terre. Les joueurs d’expérience sont là pour cela, mais jeunes comme anciens, tout le monde prend les matches les uns après les autres. On n’est pas tombé dans l’euphorie après notre victoire contre l’Angleterre (4-1) et je suis sûr que cela ne sera pas le cas. Dès ce [dimanche] matin, à l’entraînement, tout le monde était très concentré. On est dans la même situation qu’après notre victoire contre l’Angleterre. On est content d’avoir obtenu notre qualification pour le prochain tour et d’avoir réussi un super match. C’était important de montrer à nouveau ce dont on était capable."