Beaucoup d'entre vous auront vu samedi la grande prestation de Mogi Bayat sur le plateau de Match 1. Le numéro 2 du Sporting de Charleroi, monté sur des ressorts suite à la saga de la rencontre de Coupe de Belgique remise, s'en est pris au Lierse, bien sûr, mais aussi à la gérontocratie de l'Union belge.

Aussi bouillant que passionné

C'est un euphémisme: Mogi, animé par sa fougue juvénile, balaie tout usage ou toute tradition pouvant porter atteinte à son club. Il faut remonter à Michel Verschueren ou, plus loin, à Roger Petit pour voir un dirigeant de club aussi bouillant que passionné.

Nullement calmé après une nuit de sommeil, le Franco-Iranien était toujours aussi déterminé ce dimanche matin: «Il y a une réunion prévue avec les gens du Lierse fin de semai- ne. Cela dit, avant d'envisager toute nouvelle date, il faudra que la bourgmestre locale nous assure, de la mê- me manière que celle utilisée pour l'obtention de la remise, que tout est bien en ordre d'un point de vue de la sécurité pour jouer. A partir de ce moment-là, on pourra discuter!»

On le devine aisément, c'est surtout la forme choisie qui a irrité la direction sambrienne: «Quand vous pensez que c'est vingt-huit heures avant une organisation professionnelle que l'on nous avance un problème de tribune via les autorités municipales! A cet instant, la Fédération refuse logiquement le report demandé. Et deux heures trente plus tard, on interdit carrément la rencontre, le tout alors que le problème était connu de la police, des pompiers et du responsable technique de l'Union belge!»

La Fédération avertie

Alors que le Lierse ne semble pas proposer de solutions, au contraire de ce qu'a fait le Sporting vendredi (retour à Charleroi ou à Westerlo dans un cadre financier acceptable pour toutes les parties), la Fédération sait à quoi s'en tenir par rapport à Mogi Bayat: «Ah ça, oui! On jouera au Lierse si et seulement si de gros travaux de réparation de la tribune incriminée interviennent. Et j'ai prévenu à Bruxelles qu'il n'y avait pas intérêt à ce que Lierse-Beveren se joue comme prévu le dimanche 13 mars! Car si cela arrive, ça voudra vraiment dire que tout le monde se sera foutu de la gueule de Charleroi et de ses supporters.»

En supposant que la tribune fera l'affaire dans quelque temps et en réfléchissant un peu, on se dit que, aucun Zèbre et aucun Pallieter ne devant figurer parmi les Diables le samedi 26 mars, voilà un jour pouvant mettre tout le monde d'accord. «Bonne idée, répond notre interlocuteur. On pourrait jouer à 18h pour éviter la concurrence. Le vendredi 25 constitue également une possibilité. Nous ne nous laisserons de toute façon pas faire dans ce cas comme en général. Le Sporting continuera à bousculer les vérités établies. Quant à moi, j'ai trente ans. J'espère donc qu'il me reste encore beaucoup de temps pour améliorer les structures du football belge et passer un coup de jeune là où il le faut!»

Les sages et calmes messieurs de l'Union belge ne sont vraiment pas sortis de l'auberge...

© Les Sports 2005