Emile Mpenza devrait débuter officiellement sa carrière au Qatar ce vendredi contre Al-Gharafa, le nouveau club de Sonny Anderson. En retard de préparation, il s'entraîne individuellement depuis son arrivée à Al-Rayyan il y a une semaine. «Mais je ne suis pas fini», a déclaré à l'agence Belga l'attaquant belge qui avait défrayé la chronique sportive en quittant Hambourg pour le club qatari d'Al-Rayyan.

Contredisant ses propos, ainsi que ceux de son entraîneur, Rabbah Madjer, et du médecin du club, Emile Mpenza affirme désormais que ses débuts avec son nouveau club, prévus samedi passé, ont été reportés à cause d'un retard physique, et non d'une blessure: «J'aurais couru de gros risques en étant aligné trois jours à peine après mon arrivée. Je dois veiller à retrouver une condition physique optimale. Actuellement, je m'entraîne plus que mes partenaires puisque je travaille à raison de deux séances quotidiennes. Logiquement, je devrais être opérationnel pour jouer quelques minutes ce week-end.»

Devenu indésirable à Hambourg, l'international déclare s'être laissé attirer sans penser uniquement à l'argent: «Les premiers contacts ont été établis alors que j'étais en vacances. Un homme m'a interpellé pour me demander si j'étais intéressé par un éventuel transfert au Qatar. Cette opportunité m'a surpris mais ne m'a pas laissé indifférent. En outre, je savais que mon club souhaitait enrôler un nouvel attaquant. Il est vrai que je n'ai jamais pu évoluer à Hambourg à mon meilleur niveau mais je ne jouissais pas de la confiance dont doit bénéficier un titulaire.»

Il n'en fallait pas plus pour que le Diable Rouge cède aux sirènes particulièrement lucratives du club qatari. «L'aspect financier n'est pas l'unique raison de ma décision», remarque Emile Mpenza. «D'ailleurs, si j'avais fait le choix de l'argent, je serais à Dubaï où j'aurais pu gagner deux fois plus d'argent malgré une compétition de bien plus faible qualité. On dit que le niveau de la compétition qatarienne est très faible. Je remarque, en tout cas, que je côtoie d'excellents joueurs comme Fabrice Fiorèse (ex-PSG, OM) ou Salomon Olembe (ex-Nantes, OM, Leeds). Et la qualité devrait s'accroître encore un peu plus dans les prochains mois puisque, dès la saison prochaine, chaque équipe pourra aligner six joueurs étrangers.»

Emile Mpenza ne considère d'ailleurs pas du tout avoir effectué un pas en arrière dans sa carrière. «Mon ambition est toujours aussi forte, avoue-t-il. Mais j'ai envie que le jeu redevienne un plaisir. A 27 ans, je suis loin d'être un joueur fini. Je ne suis pas venu au Qatar pour terminer ma carrière. Fernando Hierro, l'ancien défenseur du Real Madrid, vient de passer dans les rangs de Tottenham après avoir transité par le Qatar. Et si, moi aussi, je peux apporter un peu de mon expérience au service du football qatari, tant mieux. En tout cas je n'ai jamais renoncé à l'équipe nationale. Je travaille pour demeurer compétitif. On dit qu'en optant pour le Qatar, j'ai mis ma carrière internationale en péril mais je ne partage pas cet avis.»

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