© Jean-Luc Flémal

Football

`Mon job? Etre à l'écoute des clubs. Et les servir´

PAR PHILIPPE VANDENBERGH

Publié le - Mis à jour le

ENTRETIEN

Son bureau est une vraie ruche. Le téléphone n'arrête pas de sonner et la porte de s'ouvrir. Entre deux coups de feu, Jean-Paul Houben trouve toutefois le temps de répondre à nos questions. Entré dans cette maison en 1964, il a gravi un à un tous les échelons de l'administration avant d'arriver à son faîte. C'est dire s'il en connaît bien les coins et les recoins.

Il paraît que vous seriez à l'origine de l'assurance football maison ?

Au milieu des années'60, la fédération rencontrait chaque année des problèmes avec les compagnies d'assurances qui couvraient le risque football. Elle s'est donc lancée dans la création d'une auto-assurance.

On a transformé cela, pour des raisons juridiques, en un fonds de solidarité fédérale qui existe toujours et qui gère trente-quatre mille dossiers alors qu'il en gérait treize mille la première année. Aujourd'hui, il est de plus de 100 millions (avec une réserve de 120 millions) et fonctionne avec 6 ou 7 personnes.

La fédération est-elle l'objet de tirages communautaires ? Vous êtes francophone, est-ce que cela pose un problème ?

Il y a peu de problème d'ordre linguistique. Je suis francophone mais de père flamand et de mère wallonne et parfaitement bilingue. Il n'est pas question de scission ce qui ne veut pas dire qu'il n'y aura pas, prochainement, une restructuration pour mieux faire coller nos structures à celles du pays. Et ce davantage pour une question d'organisation et d'efficacité que pour des subsides qui seraient insuffisants.

Finalement, un secrétaire général, c'est quoi au juste ?

Le secrétaire général est d'abord le chef de l'administration fédérale. Donc, il a la responsabilité de 150 personnes effectives à Bruxelles et 390 en tout sur le pay-roll. Il est aussi la personne qui doit faire remonter tous les problèmes de la fédération jusqu'au conseil d'administration. Il assiste de plein droit à toutes les réunions de commission. Il est aussi le gestionnaire du fonds de solidarité fédérale. Sans parler de ses missions à l'extérieur.

Vous devez déjà avoir des projets ?

Je peux déjà vous dire qu'une de mes priorités va aller à la simplification des outils mis à la disposition des clubs qui connaissent déjà pas mal de difficultés.

Le règlement fédéral est devenu abscons, complètement illisible. Mon but est de créer un collège de deux ou trois personnes qui, pendant deux ans, va s'efforcer de simplifier le règlement au maximum surtout sur les points techniques et sportifs et de les rendre conformes au droit commun. Car nous avons eu des problèmes.

Je voudrais aussi donner des petites brochures à l'usage des secrétaires des clubs. Il faut aussi s'occuper des gens qui encadrent les matches. Prenez les stewards: ils doivent être à 16h au stade pour un match qui a lieu à 20h. Ils sont chez eux vers 23h et ils touchent une indemnité de 1000 BEF, y compris les frais de déplacement. Il faut leur donner un statut convenable, mieux, une reconnaissance, dès lors que le mécénat et le bénévolat sont dépassés aujourd'hui. Qu'on le veuille ou non. Il y aussi l'arbitrage. C'est le même problème. Nous comptions 7 300 arbitres il y a deux ans. Nous en avons actuellement 6 400 avec un nombre de matches qui a augmenté (plus de 11 000 par semaine, soit 300 000 matches par an). Idéalement il en faudrait 8 300, il y a donc un manque de 2 000 arbitres.

Comment se répartit le budget fédéral entre les clubs professionnels et amateurs ?

C'est pratiquement équivalent dans la mesure où les `petits´ clubs compensent souvent par leur nombre, le poids des `grands´ clubs dont les taxes sur les transferts et sur l'assistance sont évidemment plus importantes. Le sponsoring est pour l'instant de 200 millions soit un cinquième de notre budget. Les autres composantes sont les cotisations des 457 000 membres, les matches internationaux (qui ne sont pas tous rentables), les taxes sur les transferts et les droits télé.

L'Union belge s'est souvent plainte du peu de soutien du pouvoir politique. Est-ce aussi votre point de vue ?

Absolument. Sur nos 457 000 membres plus de 200 000 ont moins de 18 ans. Nous jouons donc un rôle social évident. Nous avons une aide financière de la Loterie Nationale de 15 millions. Et c'est tout. Nous méritons mieux que cela. Dans le Sud, nous pouvons obtenir des aides via les infrastructures. Dans le Nord, ce n'est pas la même chose. L'argent va au Bloso qui redistribue aux villes et aux communes. Et que dire du peu de pratique sportive à l'école ?

Tout le monde sait cela mais rien ne bouge. Pourquoi ?

J'ai peur qu'un jour la société paie les pots cassés. Ce qu'elle fait déjà. Nous tirons la sonnette d'alarme depuis des années mais manifestement, nous ne sommes pas entendus. On a fait un livre blanc avec toutes les fédérations et le Comité olympique. Rien ne bouge. Peut-être parce qu'en Belgique, il n'y a pas un véritable ministre des sports.

La fédération ne pourrait-elle pas obliger les clubs à ce qu'une partie des gros transferts aille, par exemple, à des centres de formations ?

Il est clair, certains transferts sont proprement indécents. Que pouvons-nous faire? Il y a un statut des managers dans le Nord du pays mais pas dans le Sud. Avant, la Fifa exigeait une caution de 5 millions de BEF pour obtenir une licence de managers. Elle a été supprimée. Je ne vois pas beaucoup de solutions si ce n'est une prise de conscience des clubs.

© La Libre Belgique 2001

A lire également

Facebook

Cover-PM

cover-ci

Immobilier pour vous