Privé de trois pièces maîtresses (Bernardi suspendu, Squillaci et Zikos blessés), Monaco battu sèchement à l'aller (4-2) aborde ce quart de finale retour de la Ligue des champions face au Real Madrid mardi avec la ferme intention de créer l'exploit. Les Monégasques, qui ont frôlé la catastrophe vendredi à domicile contre Ajaccio (3-3), ont en effet retrouvé un joker en la personne du Congolais Shabani Nonda auteur d'un retour remarqué à cette occasion (un but et une passe décisive sur le troisième but), et qui devrait être mercredi sur le banc. Pour faire plier le Real Madrid, Monaco devra mettre le feu au match, comme le souligne Nonda: «Tout le monde nous donne perdant. Alors mettons de la folie et donnons-nous comme pour une finale de Coupe du monde.»

«On pense tous que l'exploit est possible», lance le défenseur Gaël Givet. Fernando Morientes et Hugo Ibarra, plus expérimentés, ne disent pas autre chose. «Le vestiaire respire l'espoir, explique l'international espagnol. On a de l'ambition. On connaît la difficulté de la tâche. Il faut gagner 2-0 face à la meilleure équipe du monde. Et parfois, le petit mange le gros.»«On peut changer le cours des choses mais ça sera très difficile, rétorque Ibarra le latéral argentin, déjà vainqueur du Real Madrid en finale de Coupe intercontinentale 2000 avec Boca Junior. La clé sera de profiter parfaitement de leurs erreurs...»

Pour cela, les Monégasques devront disputer le match parfait. Selon Jérôme Rothen, pour réussir dans leur entreprise, chaque Monégasque devra «évoluer au meilleur niveau et savoir se surpasser. Il nous faudra aussi beaucoup de réussite. Et même avec ça, on n'est pas sûr de passer.»

«Une revanche à prendre»

Car le Real Madrid impressionne. «Il use, explique Patrice Evra. Le plus dur est de sortir sur un joueur puis, de refaire rapidement une ligne défensive derrière. Quand on leur laisse le ballon, on est déjà fatigué avant la fin de la première mi-temps.»«Même sous la pression, cette équipe peut ressortir tranquillement», reprend Rothen sous le charme. Madrid, c'est également une multiplication de joueurs extrêmement expérimentés.Pour rivaliser, Monaco devra donc savoir allier décontraction, concentration et réalisme. «On jouera sans souci par rapport à l'objectif final», assure le gardien Flavio Roma, qui évoque «une revanche collective à prendre» après les quatre buts encaissés en seconde période à Bernabeu et la première période indigne contre Ajaccio.

«Le plus difficile sera de ne pas prendre de but car ils attaquent à huit ou neuf, analyse-t-il. Mais on peut marquer. Derrière, ils ne sont pas à l'aise.»

Sujet de débat récurrent, la défense madrilène enregistre toutefois les retours d'Ivan Helguera, absent à Albecete samedi, et de Roberto Carlos (suspendu à l'aller). «Si on marque, on ne sait pas dans quel état psychologique cela peut les mettre, émet Edouard Cissé. Les coups de pied arrêtés ont été notre force. On peut les mettre en danger dans ce domaine.» (AFP)

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