Le comité d’étude (Fifa) des dossiers de candidature à la Coupe du Monde 2018 et 2022 se rendra le 9 août à Bruxelles (une date délicate dans le contexte politique belge puisque la Belgique politique est souvent à l’arrêt jusqu’au 15 août) et le 10 à Amsterdam pour une dernière discussion avec les autorités belgo-néerlandaises. Fin septembre, le rapport sera transmis aux 24 membres du Comité Exécutif et le 2 décembre, on connaîtra l’organisateur des deux tournois. Un titre de champion du monde des Pays-Bas donnerait encore plus de poids à notre candidature. Si Alain Courtois, qui a rencontré le président Blatter hier, s’est décarcassé (avec succès ?) pour convaincre le Prince Philippe, la Princesse Mathilde et Herman van Rompuy de le rejoindre ici, c’est qu’il y a une raison.

Alain Courtois, cette finale constitue un atout supplémentaire au dossier belgo-néerlandais ?

On ne va pas nier que cela pousse notre candidature. Un pays qui est en finale est un pays qui compte et, donc, qui a du poids. Maintenant, si certains s’étonnent de la présence des Néerlandais, ce n’est pas une surprise : les Pays-Bas sont à la troisième place du "ranking Fifa" depuis près de deux ans.

Des échos favorables vous reviennent-ils ?

Des gens importants du milieu m’affirment que ce n’est pas mauvais pour notre candidature. Je ne dis pas que c’est un élément décisif mais c’est un facteur à prendre en considération même si l’Espagne est aussi candidate et est aussi en finale. Mais a-t-elle les signatures gouvernementales nécessaires ?

Si les Pays-Bas sont sacrés, ils deviendront aussi le seul pays étoilé à n’avoir jamais accueilli l’évènement.

Ce serait un petit plus.

Quel est votre rôle ici ?

La Fifa interdit les manifestations publiques de présentation, la tenue de conférence ou de groupe de travail sur le lobby mais on se doit d’être présent, de serrer quelques mains, de montrer que l’on existe. On se trouve dans la dernière ligne droite et c’est la dernière fois que le Comité Exécutif de la Fifa est réuni en un endroit avant le vote. Une absence est vite remarquée et tous nos concurrents sont ici.

Le président Joseph Blatter est-il à votre écoute ?

Il ne se permettrait pas d’évoquer notre candidature. Je l’ai donc surtout félicité pour l’organisation de cette Coupe du monde qui est une réussite de sa part.

On constate que cela réagit peu autour de ces révélations.

Tout le monde sait qu’on raconte parfois tout et n’importe quoi autour des candidatures. Certains éléments sont lancés uniquement pour provoquer une réaction de trop chez quelqu’un d’autre et le faire tomber dans des extravagances qui lui seront néfastes. Tout le monde, dans ce genre de compétitions, a plutôt intérêt à se taire. Avec nos concurrents, on en rigole. Il ne faut pas dénigrer un adversaire. Nous sommes fair-play, nous jouons une compétition et il serait dommage de la perdre pour une déclaration intempestive.

La situation politique de la Belgique joue-t-elle un rôle ?

Il vaut mieux montrer qu’un pays est stable et solide. On s’emploie à dire que, comme dans tous pays, il y a des soubresauts et que les élections sont le fruit de la démocratie. La présidence belge de l’Union européenne jusqu’en décembre, c’est intéressant. Les hautes personnalités belges au sommet dans les mondes sportifs et politiques sont importantes. Dans la présidence belge, nous avons inséré un volet lié au sport sur les transferts de joueurs et notamment la prohibition des transferts de mineurs. Si on règle cela pendant la présidence belge, on a réglé 80 % des problèmes des transferts. En octobre, tous les pays asiatiques seront en sommet à Bruxelles. Or, l’Asie, c’est quatre voix. Tout cela est important.