L'image de la France était déjà risible après une hallucinante grève de l'entraînement en mondovision le 20 juin, mais il a fallu que Raymond Domenech en rajoute encore. Le technicien français a refusé de serrer la main de son homologue Carlos Alberto Parreira à la fin d'un match où Français et Sud-Africains partageaient le même triste sort, éliminés au premier tour. La scène reste cocasse: le coach des Bleus ignore ostensiblement la main du Brésilien, et ce dernier, furieux, l'aggrippe et déforme la veste d'un Domenech soudain moins fanfaron. Le Français n'avait pas digéré une déclaration du sélectionneur des Bafana Bafana qui avait estimé en décembre que la France ne méritait pas d'être au Mondial après la main de Thierry Henry en barrage contre l'Irlande.

Le comportement de Domenech a choqué les téléspectateurs et irrité les responsables Fifa du site de Bloemfontein où avait lieu ce match. C'était sa dernière mission à la tête de l'équipe de France et cela a été un fiasco. Au rayon irritable, on trouve aussi Dunga, ex-sélectionneur du Brésil. Alors qu'il répond à une question, il coupe et lance à un commentateur de télévision "Y a un problème?!", avant de marmonner des insultes. Il présentera ensuite ses excuses "aux supporters brésiliens". Trop tard, ces derniers étant déjà exaspérés par son style trop défensif.

En terme de show télévisé, il faut évidemment mentionner Diego Maradona, qui a donné dans tous les registres, de l'humour bon enfant -- en se présentant avec cigare ou avec des lunettes de diva offertes par ses filles -- au graveleux avec des blagues homophobes, poignet cassé à l'appui. "El Diez" a fait fort aussi en critiquant l'arbitrage, comparant un directeur de jeu à Andrea Bocelli, ténor italien aveugle...

Le Maradona proche de ses joueurs à l'entraînement -- tapant dans le ballon avec eux alors qu'il se déplace désormais en boitant -- ou fou d'amour pour son pays -- il fallait le voir agiter les drapeaux envoyés par des spectateurs argentins depuis les tribunes -- était beaucoup plus sympathique. Comme technicien, il restera comme celui qui n'a pas fait jouer Messi à son poste, le laissant trop en retrait par rapport aux attaquants. Un gâchis.

Loin de Domenech et Maradona, Joachim Löw a donné une image tendance "cerveau" et "gendre idéal": mèche bien peignée, réponses claires et argumentées sur le jeu de l'Allemagne en conférence de presse et élégance vestimentaire. Son pull bleu col en "V" a fait le tour des gazettes sportives et magazines de mode. Baptisé le "pull-over miraculeux" par la presse allemande, il a vu ses stocks rapidement épuisés en Allemagne. Seule ombre au tableau: une vidéo circule sur internet où on le voit durant ce Mondial manger nerveusement une de ses crottes de nez pendant un match...

Et puis il y a Vicente Del Bosque, 59 ans. Lui n'est pas exubérant, loin de là, avec son look de patriarche à l'embonpoint bonhomme. Et les critiques qui se sont abattues sur la sélection espagnole en début de tournoi n'ont jamais entamé son caractère débonnaire. Tout en discrétion sur le banc, il cornaque aujourd'hui une équipe au jeu redoutable. Avec lui, le show, c'est onze joueurs, sur le terrain.