La vie d'Almami Moreira change. Jeune papa, le médian portugais doit désormais assumer de nouvelles responsabilités. Mais cette situation n'est pas de nature à perturber le médian de poche du Standard. «Au contraire, j'aime les défis, avoue-t-il. Je sais que l'on attend beaucoup de moi et je l'assume. En revanche, je n'apprécie pas les allusions et les critiques dont je fais l'objet quand l'équipe ne tourne pas. Je suis systématiquement visé. On me dit sur le départ ou démotivé. C'est n'importe quoi...»

Almami Moreira a du mal à cautionner les rumeurs qui feraient état d'un ennui de plus en plus persistant. «Chaque année, c'est la même rengaine, remarque-t-il. On remet tout en cause au moindre pépin. Il y a plein de détails qui entrent en ligne de compte. Il faut que les nouveaux joueurs s'intègrent dans l'équipe. Mais ce ne sont que des excuses. Moi, je vois un groupe qui a envie de gagner et qui s'amuse. Les gens doivent toujours trouver un coupable, une raison à ce qui se passe. Alors j'entends dire Moreira ne dribble plus, ne court pas. Je ne l'accepte pas. J'ai aussi droit au respect.»

Dans le même contexte, Almami Moreira réfute la thèse selon laquelle Wamberto et lui-même posséderaient un profil identique. «Il n'est pas difficile de jouer avec de bons éléments, observe-t-il. Avec Wambi, notre entente est parfaite. Nous permutons régulièrement de place.»

Almami Moreira se félicite de l'arrivée de son compatriote Sergio Conceiço au Standard. «Même si nous nous étions déjà croisés auparavant, je ne le connaissais pas personnellement, remarque-t-il. Il s'agit d'un joueur de très grande qualité. Sur le terrain, nous communiquons en portugais désormais. Avec les Brésiliens, il nous arrive de blaguer dans les vestiaires sans que nos partenaires ne puissent nous comprendre. Je n'ai pas encore eu l'occasion de faire visiter Liège à Sergio car il n'a pas encore trouvé un domicile.»

En attendant, les deux joueurs pourraient se côtoyer sur la pelouse du Cercle. «Arrêtons de vouloir à tout prix essayer d'exécuter le beau geste et de pratiquer un beau football, prévient Almami Moreira. La seule chose importante est de gagner. Peu importe la manière. Nous devons nous montrer plus réalistes. Et peu importe si nous poussons de la tête, de l'oreille, du tibia ou de la poitrine la balle au fond des filets...»

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