C’est dans le cadre de son dossier "D’Onofrio" que la justice liégeoise a mis le doigt sur des commissions occultes versées par Anderlecht dans le cadre du transfert d’Ivica Mornar. Comme l’annonçait, ce lundi le quotidien "Le Soir", l’attaquant croate était passé du Standard à Anderlecht en 2001 pour 1,5 million d’euros.

En examinant les transferts douteux du Standard sous l’ère de Lucien D’Onofrio, les enquêteurs liégeois sont tombés, en février 2005 à Anderlecht, sur un montage financier qui a servi à payer une rémunération occulte à Mornar.

Afin de boucler le transfert de Mornar, Anderlecht, qui butait sur les prétentions salariales élevées du joueur, aurait versé 250 000 euros à une société écran au Luxembourg, "Concordia Investments", afin de gonfler artificiellement la commission de l’agent officieux du joueur, Djuro Sorgic, celui-ci rétrocédant ensuite une partie de ce montant à Mornar. Rappelons à ce titre que le jour avait été entendu par les enquêteurs liégeois que son agent a été inculpé en 2010.

Selon les limiers liégeois, Mornar aurait en effet reçu 154 629 euros sur un compte en Autriche. Sorgic a lui touché 74 368 euros. Deux autres intermédiaires auraient aussi reçu de l’argent. Les enquêteurs ont aussi découvert que Sorgic a facturé au Standard 12 395 euros pour le "bon déroulement du transfert".

Interrogé sur ces nouvelles révélations, le RSC Anderlecht a précisé que ni le club ni son ancien manager, Michel Verschueren, n’ont "fait l’objet de la moindre inculpation" dans le cadre du transfert d’Ivica Mornar.

Le club rappelle que son ex-manager général Michel Verschueren a apporté le 21 novembre 2007 aux enquêteurs toutes les informations utiles à ce propos et, à cette occasion, a fait preuve d’une collaboration totale.

Preuve peut-être que du côté du Parc Astrid, l’affaire est tout de même prise au sérieux, le communiqué publié par la maison anderlechtoise paraissait hier avoir été écrit avec toute la prudence et la réserve qu’un tel sujet imposait. Le Sporting concluait d’ailleurs son bref "exposé" en signalant à qui voulait l’entendre que le club "demeurait à l’entière disposition des dits enquêteurs si ces derniers devaient solliciter toute précision supplémentaire". Gageons qu’ils sauront s’en souvenir.