NUREMBERG L'attaquant du Brésil Adriano a confirmé qu'il était un empereur en début de règne, en terrassant presque à lui tout seul l'Allemagne (3-2) en demi-finale de la Coupe des Confédérations, samedi, à Nuremberg.

Auteur d'un doublé et à l'origine du penalty transformé par Ronaldinho, le joueur de l'Inter Milan, âgé de 23 ans seulement, a une nouvelle fois montré qu'il répondait présent lors des grands événements.

«C'est un buteur-né, un joueur décisif», dit de lui le sélectionneur brésilien Carlos Alberto Parreira.

Les supporters de l'Inter se souviennent encore de son triplé contre Porto en huitième de finale retour de la Ligue des Champions (3-1) ou de son doublé face à l'AS Roma en finale aller de la Coupe d'Italie, seul trophée enlevé cette année par les Nerazzuri.

Et les Brésiliens ne sont pas près d'oublier son but dans le temps additionnel qui permit à la Seleçao d'égaliser face à l'Argentine en finale de la Copa America 2004, avant de s'imposer aux tirs au but (2-2, 4-2).

Meilleur joueur et meilleur buteur (sept buts en huit matches) du tournoi, il gagna alors définitivement ses galons de titulaire en sélection.

129,7 km/h

Et également son surnom, en référence à Hadrien, empereur romain de 117 à 138 après Jésus-Christ, qui construisit le mur éponyme en Angleterre pour repousser les invasions des Pictes.

A l'inverse de son illustre homonyme, Adriano ne bâtit pas des murs, ils les contourne ou les transperce, comme sur son premier but contre l'Allemagne, où le pauvre Deisler détourna le coup franc du Brésilien au grand dam de Lehmann, complètement pris au dépourvu.

La frappe de balle de cet avant- centre surpuissant (1,89 m, 87 kg) a un jour été chronométrée à 129,7 km/h et sa détente sèche (45 cm) est comparable à celle d'un basketteur ou d'un volleyeur.

Des arguments susceptibles d'attiser les convoitises. Début juin, la presse brésilienne a affirmé que Chelsea avait fait une offre de 100 millions d'euros pour l'engager, mais Adriano assure vouloir rester à l'Inter, où il est arrivé à l'été 2001, en provenance de la favela (bidonville) Vila Cruzeiro où il a grandi dans le nord de Rio.

«J'ai toujours voulu jouer à l'Inter, ce club est ma maison et le sera encore longtemps», a-t-il déclaré mi- juin à La Gazzetta dello Sport.

Adriano vient seulement d'y terminer sa première saison complète après des prêts à la Fiorentina et à Parme et il rêve d'apporter à l'Inter un scudetto, titre de champion d'Italie, qui le fuit depuis 1989.

© Les Sports 2005