En accédant au confort de bon goût qui prévaut dans le bureau réservé à Jacques Simonet au premier étage de la maison communale d'Anderlecht, on croirait entendre les éclats de voix de Michel Verschueren et deviner, sur le parquet parfaitement lustré de la pièce, le pas feutré de la démarche chaloupée d'Alain Courtois.

Les deux dirigeants du Sporting sont des habitués du lieu. Ils y étaient encore vendredi passé, dans le cadre de la réunion préparatoire à la venue du Standard au Parc Astrid. Ils y sont à nouveau attendus en fin de semaine, afin de débattre de l'état d'avancement du projet Neerpede, cher au directeur général du club bruxellois...

Le Sporting nous a demandé de lui envoyer le plus rapidement possible un courrier dans lequel nous faisons état de notre position, explique Jacques Simonet. Nous profiterons de l'occasion pour dresser l'inventaire de nos besoins en cas d'agrandissement du site actuel de Neerpede. La récupération des 67 ares qu'Anderlecht lorgne, mais qui sont toutefois réservés à notre usage propre, exige le débours d'une somme avoisinant un bon million d'euros. Des gens à nous occupent déjà cet espace. Il faut donc les recaser quelque part. Cette tâche incombe au Sporting, pas à la commune. Cette obligation pourrait-elle constituer la pierre d'achoppement au bouclage de ce dossier? Si c'est ainsi, nous aviserons...

DÉMÉNAGEMENT?

En cas de non-accord avec Jacques Simonet, Alain Courtois avait récemment évoqué l'éventualité de voir le Sporting déménager: que faire d'autre, aller où? A Neder-over-Heembeek? Une rumeur fait état d'une entrevue qu'Alain Courtois a eue dernièrement avec la bourgmestre de Forest, Corinne De Permentier. Enfin, le directeur général du Sporting n'exclut pas une installation à Watermael-Boitsfort: a priori, pourtant, l'endroit manquerait des commodités inhérentes à son bon fonctionnement...

Nous sommes sereins, conclut Jacques Simonet. Du reste, pourquoi ne le serions-nous pas? Je comprends Alain Courtois. Le fait qu'il démarche est de bonne guerre. En ce qui nous concerne, nous souhaitons, bien sûr, qu'Anderlecht demeure à Neerpede. C'est une question de logique, de bon sens plutôt, mais c'est, en outre, une question d'identité. Je tiens à conserver cette ligne de conduite mais je ne le ferai pas non plus à n'importe quel prix: je suis là pour défendre les intérêts de ma commune et ceux de mes administrés. L'exemple que tend à suivre Alain Courtois viendrait d'Arsenal. Les Gunners ont pris possession d'une vingtaine de terrains au nord de Londres, lieu dit Colney, à une portée de coup franc de la commune de Saint-Albans. Le site est magnifique.

Arsène Wenger, le manager général d'Arsenal, a puisé, dans une expérience professionnelle antérieure au Japon, l'inspiration pour faire de ce haut lieu de l'effort un havre de sérénité et de paix. Le contraste est plaisant. Sera-t-il reproduit à Neerpede? C'est probable mais dans de justes proportions.

A la belge, en quelque sorte...

© La Libre Belgique 2002