Du haut de ses 19 ans, Nicolas Raskin rayonne dans l’entrejeu de Philippe Montanier, qui a mis un système en place qui lui permet de montrer toute l’étendue de son talent. À Charleroi, le médian axial a plus que jamais déposé sa carte de visite lançant, indirectement, un message au sélectionneur des U21, Jacky Mathijssen, qui ne l’a pas sélectionné pour le rassemblement de cette semaine.

Nicolas, qu’avez-vous mangé avant ce match ?

"Rien de spécial (rires). On a surfé sur nos bons résultats des dernières semaines avec cinq victoires sur les six derniers matchs en jouant tous les trois jours. On est en train de créer une très belle équipe. On a beaucoup dominé en première période, on a bien joué et on a su faire le gros dos dans les moments faibles, puis on utilise nos points forts à merveille en étant efficaces devant le but."

C’est le meilleur match du Standard cette saison ?

"On va dire que oui, tant au niveau de l’organisation qu’au niveau du jeu. Défensivement, Noë, Boka et Zinho ont été très forts avec des coulissements vers l’avant pour aller chercher les décrochages de Charleroi. Autant mentalement, tactiquement, au niveau de la finition, c’était le meilleur match."

Cette victoire, c’est aussi pour vos supporters ?

"Oui, car ils sont venus nous soutenir au départ de l’Académie, ils nous suivaient sur le début du trajet et ils étaient présents sur les ponts avec des fumigènes et des banderoles de soutien. On se devait, après un match plus moyen à la maison, de leur rapporter la victoire."

Cerise sur le gâteau, vous inscrivez votre premier but en pro.

"C’est super (il a le sourire jusqu’aux oreilles). Ce but, je le dédie à mon frère Maxime, qui vient de se faire une seconde fois les ligaments croisés. C’est un super sentiment. En plus, dans un choc wallon qui amène la victoire, je ne pouvais pas rêver mieux."

Vous aviez aussi à cœur de montrer qui était le plus grand club wallon ?

"Ah ça (il rigole), on l’a montré sur le terrain, je pense… Ce n’était pas facile car on a essuyé pas mal d’insultes et nos supporters n’étaient pas là. On a remis un peu tout le monde en place et on a montré qu’on était la meilleure équipe wallonne."

Nicolas, comprenez-vous que votre nom ne figure pas sur la liste des Diablotins de Jacky Mathijssen ?

"Je ne comprends pas. Après, le coach a fait ses choix, il avait déjà un groupe qui a bien presté lors du dernier rassemblement, je respecte son choix, mais, forcément, je suis déçu. Vous savez, pour un joueur, c’est primordial de passer par les U21 et, en plus, ils jouent pour quelque chose de super important. Évidemment que j’aimerais faire partie de ce groupe mais je suis au Standard, je vais jouer l’Europa League et je me concentre sur le club. Je ne me prends pas la tête avec ça. Si ça doit arriver, ça arrivera."

Votre réponse, vous l’avez donnée sur le terrain.

"Voilà. Il faut être déçu, c’est normal. Mais quand tu es sur le terrain, tu dois oublier et tout donner pour ton club. Il faut montrer que le coach s’est peut-être trompé. Encore une fois, je ne fais pas de polémique."

Ce match, c’est assurément le meilleur pour vous également.

"Surtout la seconde période. D’habitude, je suis bon dans les duels et la récupération ; à Charleroi, j’ai pu montrer une palette plus technique de mon jeu et ma percussion vers l’avant. J’aime vraiment ça, mais j’ai encore besoin de trouver mes marques pour être comme ça à chaque match."

Vous avez accepté l’idée du coach qui veut faire de vous un box-to-box ?

"Au début, je n’étais pas d’accord, mais là, avec la progression qui est la mienne, il m’a convaincu. C’est plus amusant de jouer plus haut. Même Cimirot attaque plus. Le coach met justement un système en place pour que Cimi et moi, nous puissions aller chercher l’adversaire plus haut."

Quatre assists et un but en dix matchs, c’est plutôt pas mal ?

"Cela fait longtemps que j’attendais ça. Je n’ai pas toujours eu facile... pas mal de galères aussi extrasportives qui ont fait que je n’ai pas joué ou même que j’ai dû partir, donc cela fait du bien de pouvoir jouer et montrer ce que je vaux."