Ce matin, Jean-François de Sart s'envole pour Pékin (en compagnie de Jean-Marie Philips, de Michel Sablon, de Georges Ingelbrecht et de Karel Dierick) où il assistera, dimanche à 19 h locale (13 h en Belgique) au tirage au sort de la phase finale des Jeux Olympiques dont le coup d'envoi du tournoi de football masculin sera donné dans 110 jours (le 7 août). La délégation belge sera de retour jeudi après l'inspection des sites et des hôtels qui accueilleront les Belges.

Le débat fait rage entre le Standard qui veut garder ses joueurs pour la C1 et la fédération qui entend envoyer la meilleure équipe. Qu'en pensez-vous ?

Le débat est éternel. Il y a les clubs, l'équipe nationale et les joueurs qui ont tous des intérêts divergents. Pour le championnat, cela ne pose aucun problème puisque les clubs peuvent reporter les matches s'ils ont plus de deux sélectionnés. C'est la C1 qui pose problème. Le club et la fédération avancent, chacun, des arguments défendables et le joueur a envie d'effectuer les deux. Aucun n'a affirmé qu'il ne voulait pas se rendre à Pékin.

Certains préfèrent la C1 aux Jeux Olympiques.

La situation varie club par club et cas par cas. Il y a deux solutions : soit chacun reste sur ses positions soit on discute et on trouve un accord. Il ne sera pas bon mais il aura le mérite d'exister.

Me Misson évoque le recours à une clause de conscience.

Les avocats sont devenus la maladie du football. Dès notre qualification, qui dérange, je m'attendais à ces problèmes. Mais des joueurs se sont battus pour cet objectif qui constituera une expérience unique pour eux.

Tous les deux ans, le même débat revient sur la table lors de la Can. Chelsea s'est passé de Drogba, Essien, Kalou et Obi Mikel sans sourciller.

C'est un exemple précis où le club laisse partir les joueurs car le règlement le stipule. Actuellement, seul le Standard est monté au créneau. On oublie souvent de dire que cela ne concerne qu'un match, l'aller du tour préliminaire.

Avez-vous l'impression que tout le football belge vous soutient ?

Le public, certainement. Certains dirigeants non et d'autres oui.

Jusqu'à présent, vous n'avez pas été particulièrement exigeant.

La seule activité des Olympiques fut ce match amical en Allemagne en février et cela ne concernait pas tout le monde. Et il n'y a que ce stage à Malte en mai avant le départ pour la Chine.

Que peut espérer la Belgique de ces JO ?

Difficile de se prononcer sans connaître la qualité de chaque formation. La technique fera la différence. L'Argentine et le Brésil seront au rendez-vous, il faudra se méfier des Africains, les Pays-Bas seront costauds et il ne faut pas négliger une surprise. Nous aurons des ambitions.

Votre contrat s'achève en 2009. Après les JO, votre avenir sera-t-il encore là ?

Impossible de tirer des plans en football. J'ai toujours envie de m'investir dans le foot, à la fédération ou dans un club. Après les JO, il y a une campagne avec les Espoirs à achever. Ensuite, il sera nécessaire d'avoir une réflexion approfondie. Toute une série de questions méritera de s'y attarder.

© La Libre Belgique 2008