A Bruges, on s'en doute, l'affaire Stojic fait grand bruit.

Quand, il y a trois semaines, les enquêteurs du NRC Handelsblad se sont présentés au Club pour m'interroger, ils s'étaient munis d'un dossier épais, qui m'a semblé exhaustif. J'ai compris qu'ils savaient tout. Dans ces conditions, je ne pouvais plus couvrir mes gens

Antoine Vanhove, le Directeur du Club Brugeois, a refusé, hier après-midi, de s'exprimer à la radio ou devant les caméras de la télévision. Pourtant, dans ce dossier qui met principalement en cause trois clubs - Vitesse Arnhem, les Girondins de Bordeaux et le Club Brugeois - qui ont réalisé des transferts avec Arkan, le criminel de guerre serbe patron du FC Obilic, et dont certains membres du staff technique auraient reçu de l'argent - remis, peut-être, par le manager Ranko Stojic - pour faciliter les transactions, le dirigeant brugeois est prêt, aujourd'hui, à répondre à toutes les interrogations du Parquet fédéral, qui va diligenter une enquête. L'argent en question est en lieu sûr. Intact. Dans l'enveloppe originelle. Nous n'y avons pas touché parce que j'étais certain qu'un jour, l' affaire allait éclater.

René Verheyen et Hans Galjé, entraîneurs adjoints d'Eric Gerets de 1997 à 1999, ne nient pas qu'ils ont palpé une enveloppe. Le premier cité a tenu, hier, à déclarer solennellement: À peine avais-je pris possession de ce pli que je l'ai aussitôt transmis à mes dirigeants. Qui me l'a remis? Un manager. J'assure sur l'honneur que je n'ai pas donné un avis positif sur un des joueurs proposés parce qu'on m'avait offert une somme d'argent.

Une question se pose: pourquoi, puisqu'il savait que cette opération était délictueuse, Antoine Vanhove n'a-t-il pas aussitôt averti l'Union belge? Parce que Galjé, qui avait été sollicité en premier, puis Verheyen m'ont expressément demandé de me taire. C'est dans l'intérêt de notre actuel entraîneur adjoint que nous avons choisi de ne pas dévoiler cette pratique illicite. René Verheyen est le technicien le plus honnête avec qui j'ai travaillé depuis trente ans. Comme il avait accompli, très vite, le geste de probité qui le dédouanait, je n'ai pas hésité à le couvrir. Je n'ai pas de preuve que l'un de mes techniciens sportifs ait été acheté. Je n'ai rien à dire contre Eric Gerets. Alex Querter a été sollicité, lui aussi. À l'inverse des deux autres, il a tardé à nous mettre au courant. Puis, il s'en est ouvert à notre président, Michel Van Maele. Son contrat d'entraîneur adjoint arrivait à échéance. Nous avons décidé de ne pas le renouveler. Nous lui avons versé des indemnités de licenciement parce qu'il était lié au Club par un contrat d'employé qui courait depuis dix-huit ans.

Antoine Vanhove ajoute encore: Chez moi, tout est clean. En trente ans, je n'ai d'ailleurs jamais voulu conclure seul un transfert.

© La Libre Belgique 2000