Après deux ans de montée en puissance, avec en point d'orgue un quart de finale à la Coupe du monde, tout ce qui se rapporte aux Diables rouges est terriblement attendu. Ce jeudi quatorze août, l'Union belge (UB) jouait gros en présentant ses nouveaux maillots, les tenues que porteront les joueurs belges lors de la campagne qualificative de l'Euro 2016. Plutôt que de recueillir les suffrages, l'équipement réalisé par Adidas a surtout été "massacré" sur les réseaux sociaux.

Outre le design très simple qui n'a pas plu à tout le monde, c'était surtout le fait de savoir que ces tuniques étaient une "resucée" de deux t-shirts de la collection Spring 2013 de la marque aux trois bandes. Sauf que les maillots officiels de la Belgique se vendront eux quatre-vingt-cinq euros, soit nettement plus que la version basique. En somme, certains ont l'impression qu'on se moque d'eux en leur proposant de s'offrir un maillot belge qui n'a de novateur que le blason de notre pays sur le cœur, ainsi qu'un drapeau noir-jaune-rouge imprimé dans le cou.

Pour Ken Aerts, directeur com' d'Adidas dans le Benelux, cette absence de créativité relève avant tout d'un cruel manque de temps. "Nous n'avions tout simplement pas assez de temps pour créer une tenue pour la Belgique", explique-t-il. "Le processus de création prend entre dix-huit et vingt mois. On a regardé ce qu'il était possible de faire. On a pris une tenue qui existait déjà dans notre collection et on l'a rendue plus belge en observant les différentes possibilités qui s'offraient à nous".

"Les négociations avec Burrda et Adidas ont duré plusieurs mois", ajoute pour sa part Benjamin Goeders, qui chapeaute la cellule marketing de la fédération. "On a obtenu un accord durant la Coupe du monde. Evidemment, les marges de manœuvre sont relativement courtes". En effet, la Belgique devait inaugurer son nouveau costume de scène face à l'Australie le quatre septembre. A ce rythme-là, l'UB et la firme allemande n'avaient même pas deux mois pour finaliser la production de maillots belges. "C'était la seule solution que nous avions pour être sûrs que la fédé ait des tenues pour les qualifications", déclare M. Aerts.

© Facebook Belgian Red Devils

Un maillot 100% belge dès 2015

Dès septembre, les Diables rouges porteront donc leur nouvelle tenues, malgré un manque de cachet belgo-belge. "Ce maillot que l'on va utiliser n'est pas 100% belge, mais on a essayé de l'authentifier au maximum", se défend-on du côté de l'UB. "C'est bien une tenue 'Belgique'", confirme Adidas, qui rappelle les éléments exclusivement belges présents sur la tunique. "Pour les qualifications, il n'y aura pas d'autre maillot que celui qui vient d'être présenté. Pour le championnat d'Europe, ce sera évidemment un autre", annonce Ken Aerts. Et selon Benjamin Goeders, le processus créatif pour la prochaine mouture du maillot noir-jaune-rouge est déjà entamé.

"Adidas est venu avec sa proposition pour les matches à domicile et à l'extérieur. Et elle correspondait à nos critères. C'était très important d'avoir un maillot rouge. Nous l'avons. Pour le kit away, on souhaitait conserver le côté noir, qui avait bien marché. L'offre répondait donc à nos attentes", déclare M. Goeders. "Un manque d'identité ? De plus en plus de pays ont souvent le même type de maillot, mais adapté en fonction des couleurs du drapeau. Je peux comprendre que cela ne plaise pas. Mais je peux juste répondre qu'il y a quatre ans, nous avons été très critiqués au moment de signer avec Burrda Sport. On avait 'touché le fond'. On en est aujourd'hui à 250 000 unités vendues (...). C'est à nous et aux joueurs de montrer que, quel que soit le maillot, cette équipe a de la gueule".

Mais une question reste en suspens: la différence de prix entre la version belge et l'autre, plus neutre, du maillot. "Le processus de production d'un article simple et d'une tenue pour une équipe nationale est différent", explique Ken Aerts. "Il ne s'agit pas seulement de prendre un t-shirt et de coller un badge dessus. De plus, les quantités sont plus restreintes. Si le matériel est le même, la production diffère". "On ne peut pas comparer deux images et en tirer des conclusions", répond lui aussi Benjamin Goeders.

C'est donc la contrainte du temps qui a poussé le duo UB-Adidas à présenter un maillot qui est loin de faire l'unanimité. Mais on le jure des deux côtés, ce partenariat ne peut amener que de belles choses et la confiance règne entre les deux parties. Mais avec le public ?