Des perquisitions ont été opérées dans les locaux du Standard de Liège, à Sclessin, par la section financière liégeoise de la police judiciaire fédérale, mercredi, en fin de matinée.

Le parquet de Liège s'est refusé à tout commentaire, les policiers agissant sur ordre d'une commission rogatoire du parquet de Turin. Cette commission rogatoire aurait pour but d'éclaircir certains éléments dans le transfert de joueurs.Une dizaine d'enquêteurs aurait perquisitionné le secrétariat et d'autres locaux du club liégeois, s'intéressant à la comptabilité et au transfert de joueurs venant de la Juventus de Turin. Les enquêteurs cherchaient à savoir comment ces transferts ont été négociés, quelles sommes ont été versées et via quelles sociétés.Le Nigérian Benjamin Onwuachi, appartenant à la Juventus mais prêté à Salernitana (Serie B), était arrivé au Standard l'été dernier. Il était parvenu à un accord pour résilier son contrat de deux ans quelques mois plus tard et avait quitté le club liégeois pour Ionikos, en Grèce, sans avoir été sélectionné en match officiel du Standard. Un autre joueur avait effectué le trajet entre la Juventus Turin et le Standard. Le gardien de but international uruguayen Fabian Carini était passé de la Juventus au Standard en 2002. A l'époque un chiffre avoisinant les 5 millions d'euros avait été cité. D'après un rapport financier de la Juventus, le club italien avait racheté le joueur au cours de la saison 2003-2004 pour le céder dans la foulée et à la veille de la saison suivante à l'Inter Milan pour un montant de 10 millions d'euros qui s'est transformé en échange avec le défenseur Fabio Cannavaro.

«Il n'y a pas d'affaire Standard», précisait hier midi Pierre François, le directeur général du club. «Les perquisitions menées ce matin dans nos bureaux ne découlent pas de nouvelles suspicions envers le Standard: c'est le parquet de Turin qui a mis en place une série d'investigations concernant les transactions financières entretenues par la Juventus de Turin avec tel ou tel club, dont le Standard.»

Le Standard regrette la médiatisation du dossier: «Nous sommes déçus et choqués par la justice. De nouvelles fuites ont été orchestrées au sein de la maison judiciaire puisqu'une équipe de la RTBF était déjà dans le parking du stade à guetter non pas l'arrivée d'un dernier transfert mais des verbalisants», fulminait encore Pierre François qui va mener une action contre la chaîne publique. «Le secret de l'instruction a été violé. C'est grave car, avec cette publicité négative, nous allons enregistrer des défections de nos sponsors ou de nos candidats sponsors.»

© Les Sports 2006