Le joueur d’Anderlecht est suspecté d’avoir parié de l’argent sur des matchs auxquels il participait sur le terrain.

Le procureur du roi enquête sur le footballeur d’Anderlecht Olivier Deschacht et le joueur fait l’objet d’une enquête à l’Union belge pour avoir enfreint les règles sur les paris sportifs.

Deschacht est soupçonné d’avoir, à plusieurs reprises pendant la saison 2014 -2015, parié sur des résultats de matchs auxquels il participait avec le Sporting. Des sources confirment qu’Olivier Deschacht a été entendu par la police fédérale. Procès-verbal a été rédigé et le dossier transmis au parquet de Gand. Les gains, étalés sur plusieurs matchs dont des rencontres d’autres équipes qu’Anderlecht, avoisinent 20.000 euros.

Deschacht n’est pas le seul. Selon nos informations, cinq à six joueurs de D1 ont été pris la main dans le sac, pour des montants moindres.

Depuis l’affaire Ye (fin 2005), la Pro League ne laisse planer aucun doute sur le fait que les joueurs ne sont pas autorisés à parier sur des matchs de division 1 belge : "Les joueurs […] ne peuvent, sous peine de lourdes sanctions allant jusqu’à la radiation, effectuer de paris dans le but de s’enrichir sur des rencontres de clubs de leur division ou d’autres matchs ayant un quelconque intérêt pour leurs clubs". C’est le volet disciplinaire. Et ce n’est pas le seul.

Sur le plan pénal, la loi du 10 janvier 2010 prévoit à l’article 4 qu’il "est interdit à quiconque de participer à tout jeu de hasard si l’intéressé peut avoir une influence directe sur son résultat".

Récemment, l’Union belge a adressé par mail aux seize clubs de division 1 l’ensemble des lois et règlements concernant les paris. Elle a pris cette initiative après que les joueurs d’OH Louvain Romain Reynaud et Rudy Riou ont été cités dans une affaire de paris et qu’un documentaire a fait mention de paris suspects sur le match Ostende-Waasland-Beveren (3-3) du 17 janvier dernier.

Début septembre, la police fédérale a procédé à des vérifications diverses et variées axées sur tous les footballeurs de Pro League 1.

Les enquêteurs se sont procurés à l’Union belge le listing complet du demi-millier de joueurs, qu’il suffisait de croiser à des données fournies par les sociétés de paris sportifs.

Cinq ou six noms sont sortis.

Deschacht est le seul à propos duquel il semble difficile de parler de "petits paris." En fait, il est apparu qu’un des joueurs avait mal pronostiqué, et perdu de l’argent. Sur le plan pénal comme sur le plan disciplinaire, tous n’en sont pas moins punissables. La police sort le cas Deschacht du lot en fonction de l’importance des gains additionnés sur plusieurs matchs auxquels il participait.

L’article 63 prévoit un emprisonnement de 6 mois à 5 ans et/ou une amende de 600 à 600.000 euros. Le parquet peut poursuivre devant le tribunal correctionnel ou classer sans suite.

En cas de sans suite, le dossier est communiqué à la Commission des jeux de hasard qui peut infliger des sanctions.

S’il est question de paris interdits, les enquêteurs ont dû s’interroger si ceux-ci n’ont pas influencé des comportements et des phases de jeu sur le terrain. À ce stade, la police n’examine pas la question d’éventuels incidents de match fixing.

Ancien parmi les anciens, Olivier Deschacht a disputé en 2015 son 500e match avec Anderlecht, et quelques mois plus tôt sa 80e rencontre européenne avec les Mauves. En 2008, l’Espanyol Barcelone proposait 2 millions d’euros pour le joueur de 35 ans domicilié à Destelbergen, dans l’arrondissement judiciaire de Gand.

Deschacht nie : c’est son frère qui jouait !

Le RSC Anderlecht, club de Deschacht, est au courant de l’enquête et va réagir en temps voulu. Le club soutient et protège à fond son joueur, qui est devenu un monument au Sporting, vu qu’il est dans le noyau A depuis la saison 2001-2002. Anderlecht ne s’exprimera pas sur le fond de cette affaire tant que le résultat de l’enquête n’est pas connu.

Deschacht, qui a pris l’avocat Luc Deleu, a reçu l’interdiction de réagir. Mais il est clair qu’il nie les faits. Le compte de paris Unibet a été créé il y a dix ans, en 2006. En 2008, Deschacht a quitté la maison parentale pour aller vivre avec sa compagne. Son frère, lui, est resté chez ses parents. Et c’est lui qui a continué à se servir du compte. C’est cette même explication qu’on retrouve dans son P.-V..

Le joueur estime donc n’avoir rien à se reprocher, sauf le fait d’avoir été nonchalant dans la gestion de l’ancien compte Unibet, qu’il n’utilisait plus.

Le comble est que Deschacht ne jouera pas, ce dimanche contre Westerlo… parce qu’il est malade. Les mauvaises langues estimeront que la maladie du défenseur est diplomatique, mais il était déjà souffrant mercredi, lors du match de Coupe contre Oud Heverlee Louvain, lorsqu’il ne savait pas encore que l’affaire sortirait dans un journal.