Santos, tensions, sécurité. Ces trois mots résonnent sans cesse sur la Canebière ces derniers jours. L’élan de solidarité du football français envers cet "Ultra" , condamné vendredi à trois ans et demi de prison ferme par le tribunal pénal de Madrid, ne s’arrête plus. A tort ou à raison? Nous vous en laissons juge.

D’un côté, nous ne pouvons pas cautionner les agissements de certains fauteurs de troubles qui doivent être punis. De l’autre, nous ne pouvons que constater que les preuves matérielles de sa culpabilité (lancer de chaise sur un policier) n’existent pas, que l’Espagne se sert de cet exemple pour sa lutte contre le mouvement "Ultra" - qu’elle réprime bien plus que d’autres en profitant ici de l’aura de Santos, considéré comme un leader (du groupe "commando Ultras 84" ) en France - et que certains, pour un meurtre, n’écopent pas d’une peine aussi lourde.

En attendant, on espère surtout que le match retour, ce soir à Marseille, se déroule dans la sérénité et la sécurité, même si la chaude ambiance marseillaise dégagera une forte sensation d’électricité, encore renforcée par le climat anti-français nourrit par les Madrilènes depuis le huis clos décrété par l’UEFA à la suite des accidents.

Toutes les mesures préventives ont néanmoins été prises pour ce match retour: l’Atletico a obtenu une dérogation pour faire l’aller-retour sur la journée de mercredi, il n’y aura aucun supporter du club espagnol dans le stade (à la demande de l’Atletico) et le service d’ordre a été renforcé.

Malgré la multitude des appels au calme, les services d’ordre ne sont pas rassurés et craignent que la situation leur échappe.

Ils appréhendent la venue des fans les plus extrémistes du club espagnol ou une réaction négative des fans marseillais à l’encontre des VIP’s du club madrilène. "Aucun d’entre nous ne veut craquer l’allumette, mais on est prêt à attiser l’incendie si c’est le seul moyen pour Santos de revenir chez nous", a prévenu un supporter influent.