Satellite lointain de l' astre Anderlecht, le Standard n'est plus seul sur sa planète. Il a résilié, par sa seule faute, l' assurance tous risques à laquelle il semblait avoir souscrit au soir de la dix-huitième journée de ce championnat à deux vitesses. Éphémère chasseur du Sporting bruxellois, il est redevenu le point de mire du Club Bruges candidat avoué, comme lui, à la qualification pour la Ligue des Champions.

Quel double revirement de situation depuis un bon mois!

Rappelez-vous: en arrachant in extremis, à Sclessin, un point inespéré contre un Mouscron tout marri de sa mésaventure, le Standard avait porté à... onze unités l'avantage qu'il s'était ménagé sur un champion aussi déçu que désabusé.

Quatre journées plus tard, son pactole, qu'on pensait confortable, a fondu: il s'est réduit à trois points pour un nombre équivalent de victoires face à des protégés de Trond Sollied plus conquérants que jamais, et qui semblent désormais avoir retrouvé le grain de chance qui leur manquait lors du premier tour.

Dominique D'Onofrio a évidemment acté ce constat: «On a perdu dix points sur nos cinq derniers matches. C'est énorme. À froid, j'estime que nous aurions dû en avoir engrangé quatre de plus. Non pas contre l'Excelsior où ce point du partage est littéralement tombé du ciel. Mais contre le Lierse, nous méritions largement de gagner. Auparavant, notre seconde période à Lokeren aurait dû nous permettre de concrétiser les occasions cinq étoiles que nous nous étions forgées à Daknam. À Mons, en revanche, nous ne méritions pas mieux. Dans le même temps, Bruges a enchaîné quatre victoires. J'ai suivi son match à La Gantoise: je l'ai jugé particulièrement laborieux. J'estime sa victoire sur le fil très heureuse. Mais son mérite est d'avoir su forcer sa chance. Il y est parvenu en étant resté organisé derrière pour contenir une Gantoise meilleure que lui dans l'animation et les combinaisons mais, hélas! pour nous, bien peu efficace en zone de conclusion.»

Remobilisation?

Le retour, impressionnant, du Club Bruges va-t-il paradoxalement inciter l'équipe liégeoise à se remobiliser?

Dominique D'Onofrio ne botte pas nécessairement en touche lorsqu'il assure:

«Notre principal adversaire, c'est... nous-mêmes. Et, paradoxalement peut-être, nous sommes en train de le juguler. Je l'ai encore constaté samedi matin à l'entraînement: la mentalité, au sein de ce nouveau groupe, est éminemment positive. La volonté de bien faire n'est certes pas couronnée actuellement mais elle est patente. Une autre observation qui me fait croire que nous sommes dans le bon: nous n'avons pas perdu depuis notre reprise en mineur: psychologiquement, c'est important. La pression pèse sur nous, c'est normal. Mais elle n'est pas inhibitrice: je suis convaincu qu'une seule victoire suffira à nous rendre notre vitesse de croisière d'antan. Je le repète: nos deux derniers matches, contre le Lierse et à Genk, étaient deux bons matches. J'y ai décelé beaucoup de bonnes choses. Et je sais que quatre joueurs au moins - si pas cinq - sont capables d'apporter davantage que ce qu'ils produisent pour le moment...»

Dominique D'Onofrio promet: «Nous allons récupérer tout le monde et reformer, grâce à la confirmation de quelques-uns, le groupe du premier tour. La concurrence va jouer à plein dans tous les secteurs. Elle sera bénéfique.»

Même si Moreira doit se reposer...

© Les Sports 2004