Quand on vise de nobles objectifs, on ne se disperse pas à quarante-huit heures d'une reprise. Concentrés, déjà, sur leur second tour, les Brugeois ont, sagement, fait l'impasse sur la soirée de gala du Soulier d'Or. Seul Clement - forfait ce soir - y représentait le groupe.

Distancé de trois points par le leader mais tout étonné de se retrouver si bien placé après une première moitié de saison aussi erratique, le champion en titre se découvre impatient de démontrer à ses supporters qu'il a parfaitement assimilé les leçons, cuisantes, de son premier tour. Ses joueurs se sont jurés de gommer ces sautes d'humeur de leur jeu qui, trop souvent, leur ont fait dilapider brusquement, dans le cours d'un même match, l'avantage qu'ils avaient forgé et qui leur paraissait décisif.

«La saison dernière, à la même époque, nous avions unanimement loué la qualité de notre stage à Benahavis, se souvient Gaëtan Englebert. On peut réitérer les mêmes éloges cette année. Le temps, les conditions de travail et l'ambiance ont été idéaux. Seule l'intensité de la charge physique et la minutie avec laquelle les entraîneurs ont cherché à corriger nos lacunes dans le positionnement ont été accentuées.»

Le Club Bruges, qui a ravivé son ambition nationale, lancera donc ce soir un passionnant compte à rebours: «Le Standard est leader mais, à mes yeux, il demeure vulnérable. S'il occupe cette position, c'est surtout parce que nous-mêmes et Anderlecht n'avons pas répondu à l'attente. Nous sommes donc tenus à beaucoup mieux. Le Standard sera-t-il dès lors capable de supporter sans craquer cette pression accrue? Je n'en suis pas persuadé.»

L'ordinateur a ménagé au Club Bruges un calendrier en apparence favorable: «Nous allons disputer neuf de nos seize derniers matches à domicile. C'est un atout que nous devons exploiter à fond. Principalement contre les adversaires théoriquement très à notre portée comme... le Brussels par exemple. L'avantage du terrain doit agir en plein contre ce type d'équipes. Mais ces formations-là, on doit être capables de les battre également en déplacement. Notre mot d'ordre, au second tour, est simple: nous ne pouvons plus perdre les matches que notre statut nous oblige à gagner.»

Gaëtan Englebert se méfiera de l'organisation du Brussels: «Albert Cartier dispose parfaitement ses pions. Il les rend aptes à exploiter la moindre erreur adverse.»

La défense du Club s'annonce juvénile, ce soir. «Ce constat ne doit pas nous causer le moindre souci si les éléments qui la composent ont compris la différence qui existe entre la Ligue des Champions et la compétition nationale. Dans l'une, on n'a rien à perdre et tout ce qu'on réussit est jugé positif. Dans l'autre, on est tenu d'apporter un plus. Sans plus commettre, par exemple, d'erreur de placement fatale...»

© Les Sports 2006