BOCHOLT Walter Baseggio a regagné le vestiaire par mesure de précaution, à une demi-heure du coup de sifflet final: «J'avais pris un coup sur le mollet contre la Serbie-et-Monténégro. Ce dimanche, à l'échauffement, j'ai éprouvé une grosse gêne. J'ai hésité à entamer le match. L'entraîneur avait convenu avec moi qu'il me retirerait du jeu quand nous aurions fait le trou. À 1-3, je croyais que plus rien ne pouvait nous arriver. Je n'ai pas vu le second but de Bocholt. Mais, dans le vestiaire, je me suis fait charrier. Mes équipiers ne prétendront plus jamais que je suis incapable de dribbler: vous avez vu comment j'ai slalomé le long de la ligne de fond pour faire marquer Wilhelmsson.»

Les Anderlechtois ne se sont ni rassurés ni inquiétés davantage encore, hier après-midi à Bocholt: ils ont simplement évité, sans grand mérite, un cuisant chausse-trape: «On ne retiendra que la qualification, confirmait Hugo Broos. Certainement pas la qualité de notre prestation. Il est inadmissible d'encaisser deux buts contre un tel adversaire. On m'assure même que c'est la première fois que Bocholt réalise cette prouesse cette saison! C'est dire le brio avec lequel nous avons franchi ce cap. C'est la différence entre le Championnat, la Ligue des Champions et le premier tour de la Coupe: si nous sommes distancés dans les deux premières épreuves, c'est parce que nous avons encaissé trop de buts franchement évitables. À zéro-deux, le match aurait dû être terminé. À un-trois, il aurait dû être... replié. Ce ne fut pas le cas. Résultat: nous sommes restés jusqu'au bout à la merci d'un fâcheux mécompte. De nombreux joueurs locaux étaient victimes de crampes mais ils ont continué à courir. C'est un phénomène propre à la Coupe. C'est la raison pour laquelle je ne tire aucun enseignement de cette prestation. Épreuve spéciale, la Coupe s'insinuait dans une parenthèse dans le cours de notre campagne. Je ne suis donc ni rassuré ni plus inquiet avant la réception de Valence, mercredi, que je ne l'étais avant ce déplacement dans le Limbourg.»

L'ambiance, dans l'équipe, paraissait, elle, bien plus légère et même enjouée qu'elle était apparue à Sclessin il y a peu. La différence de valeur entre le Standard et Bocholt n'explique pas cet allégement perceptible du climat. Même le traumatisme engendré par le vent favorable qui avait répercuté les dissensions apparues lors de la grosse réunion interne de jeudi dernier semblait s'apaiser: «Si on débusque le coupable, on réglera le problème en interne», a promis la Direction.

© La Libre Belgique 2004