ANDERLECHT Les Brugeois ne paraissaient ni hébétés ni effondrés en quittant le stade Vanden Stock. A l'instar de leur capitaine Dany Verlinden, ils paraissaient même avoir ravalé la colère que certains d'entre eux - ceux qui avaient vu la main de Jestrovic propulser le ballon pour inscrire le deuxième but du Sporting - avaient exprimée en fin de première période. Ils avaient certes encore renouvelé leurs doléances dans l'intimité du couloir du vestiaire mais ceux qui ont accepté le supplice de l'interview ne sont pas épanchés sur le sujet. Comme s'ils admettaient implicitement que cette infortune ne pouvait pas tout excuser ni même tout expliquer.

«La victoire du Sporting est méritée », admettait sportivement le gardien brugeois. «Je n'en conteste même pas les chiffres. Le deuxième but aurait dû être invalidé. Il est tombé à un fâcheux moment: nous avions égalisé peu de temps auparavant. Il fut surtout lourd de conséquences. Nous n'avons pas tardé à encaisser le troisième. Celui-là nous est imputable: la faute qui l'a précédé était totalement inutile. A 3-1 au repos, notre mission se révélait impossible. Surtout face à une ligne offensive de cette valeur. Surtout, aussi, parce que nous avons continué à être incapables de nous créer une véritable occasion. Nous avons été mauvais, tout simplement...»

Tout simplement? Les vieux démons, ceux qui ont coûté le titre à deux reprises au Club Bruges les saisons précédentes sont-ils réapparus? «Je ne pense pas, assurait Philippe Clement. Il est possible qu'implicitement la motivation des Anderlechtois - obligés de gagner - ait été un peu plus aiguisée que la nôtre. Mais je n'en suis pas convaincu. Je crois plutôt que nous avons été proprement incapables de réagir quand nous avons accusé deux buts de retard. Ce n'est pas admissible pour une équipe comme Bruges. Il faut en chercher les raisons. Et vite. Celles-ci ne peuvent être ni un excès de confiance ni un excès de suffisance. Pourquoi? Parce que, jamais jusqu'à présent, nous n'avons tenu du compte du classement pour préparer nos matches. Et que nous continuerons de le faire. Nos onze points d'avance ne constituent pas un matelas suffisant pour nous reposer sur nos lauriers. N'oublions pas qu'il y a peu, nous en comptions dix-sept. Dans le mode de calcul d'aujourd'hui, tout va très vite. Je peux simplement affirmer que le doute ne nous affleure pas encore. Mais il conviendra absolument de battre Mons dans quinze jours»...

© La Libre Belgique 2003