Les regrets sont superflus, mais, plus on avance dans ce groupe A, plus, on a l'impression d'être passé à côté de la montre en or. Il n'aurait pas fallu grand-chose pour que les Belges se retrouvent en tête de leur poule : une victoire à leur portée, mais loupée par leur faute contre le Kazakhstan, et un match nul qui eût été mérité à Belgrade. Ce n'était pas demander la lune. Mercredi, sans briller, contre un adversaire modeste, les Diables et leur staff ont remis, au moins, deux choses à leur place : d'une part, les attaquants ont, enfin, retrouvé le chemin du but. Leur carence avait fait l'objet de la totalité des commentaires au retour de Serbie. Ce n'est pas un exploit de planter trois buts à l'Azerbaïdjan, mais le doute qui s'empare souvent des attaquants muets s'est estompé. D'autre part, René Vandereycken a démontré qu'il n'était pas si têtu. Il a tenu compte des critiques élémentaires formulées à l'encontre d'une tactique jusque-là trop frileuse. On pourrait ajouter, mais là, ils n'y sont pour rien, que nos adversaires directs s'entendent à merveille pour nous faciliter la tâche en se neutralisant en permanence, au point d'avoir considérablement réduit les effets du couac initial des Belges contre le Kazakhstan. On repart donc pratiquement de zéro. Avec un bémol : pendant un an, les Diables ne rencontreront plus aucun faire-valoir, mais rien que des concurrents directs. Finalement, même si nous avons commencé par manger notre pain blanc, ce calendrier n'a pas été si mal agencé : s'ils parviennent à faire l'amalgame des points positifs enregistrés en cinq jours, à Belgrade et au Parc Astrid, c'est-à-dire une rigueur défensive et, ensuite, une prise de conscience de leurs possibilités offensives, tous les espoirs seront à nouveau permis, même si la victoire de mercredi n'est pas un exploit. Elle a, au moins, le mérite de rassurer, et c'est déjà beaucoup.

© La Libre Belgique 2006