Dans ses six matches antérieurs à domicile en Ligue des Champions, le Club Bruges n'avait jamais encaissé plus d'un but. Candidate avouée au titre suprême, la Juve lui en a infligé deux. Mais les Brugeois n'ont pas grand-chose à se reprocher. A l'image d'un Stijnen étourdissant, ils ont fait mieux que se défendre pendant plus d'une heure. Il fallut même un ancien Ballon d'Or, Nedved pour surprendre le gardien du Club. Yulu-Matondo, le buteur brugeois se souviendra, lui aussi, de ses grands débuts européens..

Confronté à une avalanche d'indisponibilités, Ceulemans n'avait pas hésité à bâtir une formation totalement inédite, dans sa composition et dans sa disposition, pour le grand retour de Bruges dans la cour des grands. Si Stijnen et... Balaban étaient intronisés dans l'épreuve-reine, Vanaudenaerde et Yulu-Matondo débutaient, eux, en Coupe d'Europe.

Comme prévu, la Juve apparut d'emblée d'un calibre nettement supérieur. En l'espace de deux minutes, de la 9e à la 11e, Stijnen sortit le tout grand jeu pour empêcher la Juve d'ouvrir le score. Le gardien remplaçant brilla, d'abord, sur un essai de Nedved puis il répara une bourde monstre de Valgaeren qui avait shoté au-dessus du ballon en gagnant son face-à-face avec Trezeguet. Pratiquement dans la continuité de l'action, il dévia en coup de coin un essai de Nedved, puis un tir dans l'angle de Zambrotta et enfin un centre-tir de Nedved.

Soudain, pendant une dizaine de minutes, le Club insuffla de la densité à la rencontre, sous l'impulsion d'Englebert et de Vermant. Il dessina quelques jolies offensives qui n'ébranlèrent pas les défenseurs turinois mais qui plurent à ses formidables supporters. La Juve pouvait marquer à tout moment, même sans donner l'impression de hausser le rythme. Elle faillit le démontrer à la 36e quand, sur une remontée, toujours à une touche de balle, Trezeguet propulsa sur l'extérieur du montant un centre de Blasi. Dans les arrêts de jeu, Stijnen démontra qu'il ne s'était pas refroidi: il sortit deux nouveaux saves pour dévier deux nouveaux essais de Trezeguet.

Portillo inexistant

Blondel vint bientôt relayer l'inexistant Portillo. Le feu follet de Ploegsteert insuffla d'emblée de la vivacité à un jeu offensif brugeois qui acquerrait de la consistance. C'était trop beau pour durer. A la 65e, Spilar commit une faute sur Ibrahimovic, dans l'axe, au delà du demi-cercle du rectangle. Le coup franc dans l'angle, à ras de terre, de Nedved était inarrêtable (0-1). Jan Ceulemans venait à peine de faire sortir Valgaeren, un défenseur, pour lancer au jeu Victor, un attaquant, que la défense du Club, mal repositionnée et un peu inattentive, se laissa surprendre par un service de Camoranesi à Trezeguet, dont le lob surmonta Stijnen, un peu avancé (0-2). Le Français signait là son 100e but personnel pour la Juve. Yulu-Matondo réduisit l'écart, de la tête, à la 85e minute: non, le Club n'avait pas fait tache.

CLUB BRUGES 1

JUVENTUS TURIN (Ita) 2

CLUB BRUGES: Stijnen, Maertens, Spilar, Valgaeren (74e Victor), De Cock, Vermant (83e Leko), Englebert, Vanaudenaerde, Yulu-Matondo, Portillo (52e Blondel), Balaban.

JUVENTUS: Abbiati, Blasi, Kovac, Cannarvaro, Zambrotta, Camoranesi (88e Giannichedda), Emerson, Vieira, Nedved, Trezeguet (88e Zalayeta), Ibrahimovic.

ARBITRE: M. Medina Cantalejo (Esp).

AVERTISSEMENTS: Vieira, Spilar, Kovac, Nedved.

EXCLUSION: 89e Vieira (2 j).

LES BUTS: 65e Nedved (0-1); 75e Trezeguet (0-2); 85e Yulu-Matondo (1-2).

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