Si l'on tient compte de l'histoire, Charleroi ne devrait pas s'incliner ce vendredi soir. C'est la cinquième fois que les Loups et les Zèbres se retrouvent au Tivoli au niveau du championnat de D 1.

Le Sporting y a réalisé le nul (0-0) en 1975-76, s'y est imposé (0-2) en 1977-78 et (2-4) en 1978-79, a partagé (1-1) en 2000-2001. Par voie de conséquence, une défaite carolo n'entrerait pas dans la logique des choses...

En football, les statistiques ne veulent cependant rien dire. Les Centraux rappelleront ainsi qu'ils avaient remporté le 12 février 1972 le derby inaugural de leur stade en championnat de D 2.

UN DERBY? QUEL DERBY?

Toutefois, on ne pense pas du tout à l'échec dans les sphères du stade du Pays de Charleroi. Comme en témoigne Grégory Dufer, qui sera l'unique joueur hennuyer de son équipe pour aborder le derby... hennuyer.

Nous avons la ferme intention de récolter les trois points. Nous ne risquons pas de lever le pied contre nos voisins. Je n'éprouve aucune exaltation particulière à l'idée de rencontrer La Louvière. Je ne connais pas la notion du mot derby. Dans mon esprit, les matches qui sortent de l'ordinaire sont ceux que nous disputons face à Anderlecht, Bruges et le Standard. Même en équipes d'âge, je n'étais pas sensibilisé par ces confrontations locales si ce n'est que je connaissais plusieurs joueurs de l'Olympic qui étaient des copains d'enfance. Mais le jeune Marcinellois ne s'attend pas à une partie de plaisir pour autant.

Nous allons présenter un visage offensif qui nous a si bien réussi samedi dernier face aux Anversois mais je ne suis pas convaincu que les Louviérois vont nous emboîter le pas. Ils vont plutôt tenter de nous empêcher de développer notre football... comme c'est souvent le cas quand nous les rencontrons.

ENCORE GRAPPILLER DES POINTS

Depuis son succès contre l'Antwerp, Charleroi est sauvé. Pour la première fois de la saison, le Sporting va dès lors évoluer sereinement. Ses joueurs voudront faire plaisir à leurs supporters en gagnant ce derby de prestige commentait le coach louviérois Ariël Jacobs. De notre côté, nous devons nous remettre de notre défaite à Lommel (NdlR: 3-0) . Il faut encore grappiller des points. Car les autres formations du bas de classement vont le faire d'ici la fin de la saison.

Les Loups voudront aussi prendre une petite revanche par rapport au match aller. Menés au score, les pensionnaires du Tivoli étaient revenus à la marque avant de voir leurs illusions s'envoler dans les arrêts de jeu sur une reprise d'Eduardo. Ce soir, la Raal devra se passer de Manu Karagiannis, une des pièces maîtresses de son échiquier: C'est une absence assez ennuyeuse. Mais quand on a un joueur comme lui dans un noyau, on sait qu'il risque de manquer quelques matches sur une saison...

SCIFO, LE DEUXIÈME RETOUR...

Enfin, comment aborder ce derby sans parler d'Enzo Scifo, l'enfant chéri de La Louvière passé il y a deux ans chez le grand frère carolorégien d'abord comme joueur, puis comme entraîneur. Ce qui ajoutera encore un peu de piment à cette joute fratricide. Cette soirée sera un peu particulière pour moi mais c'est déjà la deuxième fois que je me retrouve en pareil contexte, si bien que je suis plus serein que l'an passé. Je m'attends à une partie ardue dont je n'espère que la victoire. Pour en arriver à un tel résultat, mon équipe devra fournir une prestation d'envergure et je fais confiance à mes joueurs qui m'ont donné satisfaction ces derniers temps. Parole de sage...

© La Libre Belgique 2001