Quatre attaquants de première classe mondiale pour deux places dans le «onze» titulaire: c'est le dilemme de luxe que rencontre José Pekerman, le sélectionneur de l'Argentine, qui devra trancher pour le huitième de finale face au Mexique, ce samedi, à Leipzig. Javier Saviola, Hernan Crespo, Carlos Tevez et Lionel Messi lui donnent des maux de crâne après lui avoir fait tourner la tête, en réalisant tous les quatre des performances de haut niveau lors du premier tour.Saviola, 24 ans, a été élu «homme du match» et a marqué le but de la victoire contre la Côte d'Ivoire, où il est apparu particulièrement affûté. Vif et bon dribbleur, le «Lapin» a grandement contribué à l'historique «goleada» contre la Serbie-Monténégro. Crespo, 30 ans, est le digne héritier de Gabriel Batistuta en buteur implacable.Point de fixation de l'attaque, avant-centre type, il est déjà auteur de deux buts dans ce Mondial et semble un parfait complément à un joueur plus mobile. Et «Valdanito» (petit Valdano) sait aussi servir ses équipiers.Contre l'équipe balkanique, Pekerman a lancé Tevez et Messi dans le grand bain mondialiste avant de les titulariser face aux Pays-Bas. Tevez, 22 ans et désigné meilleur joueur du championnat brésilien, a brillé face aux Néerlandais. «L'Apache» a étalé toute sa classe en se montrant incisif et inventif: son but contre les Serbes, sur lequel il résiste à la charge de deux défenseurs avant d'enrouler sa frappe, synthétise son précieux mélange de technique pointue et d'engagement physique. Du quatuor, Lionel Messi est le plus jeune (19 ans samedi) et le dernier venu, puisqu'il a été éloigné des terrains. Un quart d'heure lui aura suffi pour marquer un but et offrir un caviar à Crespo contre la Serbie. Titulaire face aux Pays-Bas, «l'Elu», adoubé par le Dieu Maradona, a distillé quelques étincelles de son talent.

La question qui brûle toutes les lèvres argentines reste donc la même: Perkerman fera-t-il jouer ensemble son quatuor de rêve, comme le fait son homologue brésilien Carlos Alberto Parreira avec son «carré magique»? Le sélectionneur albiceleste a déjà répondu, en insistant sur «l'équilibre» nécessaire à l'équipe. (AFP)

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