Par la voix de son porte-parole, l'Union belge s'est dite très satisfaite de l'élection de Michel Platini à la présidence de l'UEFA pour un mandat de 4 ans.

Le Français, 51 ans, a battu, vendredi, à Düsseldorf, le président sortant, le Suédois Lennart Johansson, 77 ans, par 27 voix contre 23 et deux bulletins nuls. M. Johansson était à la tête du football européen depuis 1990.

Les délégués des 52 fédérations de l'Union européenne de football étaient appelés à voter à bulletin secret. Le vote a été très serré puisqu'on était à 23/23 avant d'ouvrir les dernières enveloppes.

Selon l'Union belge, le triple Ballon d'Or "a fait de nombreuses propositions qui nous semblent intéressantes". Voilà qui semble indiquer dans quel sens est allé le vote belge. Quoi qu'il en soit, le programme présenté par Platini (LLB du 26 janvier) a fait mouche. Rappelons qu'il a pris cinq engagements lors de sa campagne : conforter la légitimité des élus au sein de l'UEFA; accroître la solidarité et les échanges entre les fédérations; garantir l'universalité des compétitions; rétablir l'unité des familles du football; travailler à l'exemplarité du football.

Concrètement, cela devrait notamment passer par une juste redistribution des richesses; un rééquilibrage de la Ligue des Champions, en limitant à trois maximum le nombre de clubs directement qualifiés des nations fortes au bénéfice des champions nationaux; la rédaction d'une Charte européenne, de nature à préserver l'autonomie du foot par rapport à la politique; la négociation d'une reconnaissance juridique de la spécificité du sport en Europe; une lutte énergique contre le racisme et la xénophobie et contre les transactions financières douteuses, les paris clandestins et les dérives de la profession d'agent; un combat sans merci contre le dopage; la redéfinition du statut du joueur.

Pas seulement un produit

Le monde politique français, unanime, le président Chirac en tête, a adressé ses félicitations à l'élu. Mais les réactions positives sont également venues du milieu du football. Joseph Blatter, président de la Fifa, dont Platini fut le conseiller, a affirmé avoir la même conception du football, "qui n'est pas seulement un produit et une entreprise, mais qui a aussi des responsabilités." Luca Pancalli (Fédération italienne) s'est dit impressionné par le discours de Platini, "grand sportif qui croit dans les valeurs du sport."

La pilule est plus amère pour le président de la Fédération allemande, Theo Zwanziger, qui soutenait ouvertement Johansson : "Ceux qui critiquent depuis longtemps ont gagné. On verra comment les champions du romantisme social maîtriseront les dures réalités quotidiennes.", a-t-il commenté. Mais, Franz Beckenbauer, l'homme fort du foot allemand, a ajouté qu'il travaillerait correctement avec le vainqueur.

Platini, très ému juste après l'élection, a estimé que si l'establishment soutenait Lennart, de "nombreux amis" l'avaient aidé. L'avocat des petites nations avait aussi l'appui du syndicat des joueurs professionnels. "J'ai pris mon temps pour me présenter à la présidence. Je suis prêt", a encore déclaré Platini, qui a fait accéder son rival malheureux au titre de président honoraire de l'UEFA. Maigre consolation.

© La Libre Belgique 2007