Il faut que tout change pour que rien ne change. La célèbre phrase de Lampedusa aura donc trouvé un nouveau terrain de jeu sur lequel "se tester" : la machinerie des playoffs 1. Cette drôle de mécanique où le moindre faux pas se paie prétendument aussi lourdement qu’un rendez-vous sans fleurs ou une sortie dans New York sans carte Visa. Cette breloque mathématique qui nous jurait qu’au moindre accroc, le nœud du pendu vous attendait pour le trépas.

Trois matches plus tard : le classement semble pourtant avoir toutes les peines du monde à bouger. Avec un piètre 2 sur 9 dans ses godasses, le Sporting d’Anderlecht occupe toujours en solitaire la tête du championnat. Logé à la même enseigne (2 sur 9), Zulte Waregem n’a toujours pas connu la descente aux Enfers que les contempteurs de Francky Dury avaient pourtant fièrement annoncée.

A l’inverse, le Standard, parti sur des chapeaux de roue (7 sur 9) continue pour l’heure de se cogner à la quatrième place, se contentant d’une vue sur les sommets.

Bref, les départs en trombe comme les arrêts au stand ne semblent pour l’heure avoir ni condamné ni disqualifié les candidats au titre.

On nous promettait du suspense : d’aucuns pourraient désormais croire à la vaste blague d’un charlatan ou à un coup monté. Patience pourtant. Car, au milieu d’écarts ténus, le moment de la cristallisation chère à Stendhal se doit encore d’arriver. Les cartes du jeu seront alors redistribuées.