Les chants homophobes dans les stades vont-ils être sanctionnés en France? La ministre des Sports l'a évoqué, la présidente de la Ligue de Football Professionnel, elle, préfère la prévention. Quitte à heurter, par ses propos, les associations qui luttent contre l'homophobie. 

Le match PSG-OM (3-1) de ce dimanche a été émaillé par des chants homophobes. Des insultes qui ont profondément choqué Roxana Maracineanu, la ministre française des Sports, qui avait fait le déplacement à Paris. "J’ai été choquée par ces chants qui au lieu d’encourager Paris, chantaient contre Marseille tout au long du match. Il y avait du racisme latent sur une des chansons spécifiquement et essentiellement des chants à connotation homophobe. Je n’aurais pas aimé être homosexuelle à ce moment-là, dans ce stade-là", a-t-elle déclaré. "Ce n'est pas parce que ces pratiques sont anciennes qu'elles doivent perdurer. Les insultes homophobes sont interdites par la loi mais seraient autorisées dans les stades?". 


Dès le lendemain, elle a expliqué au Parisien vouloir agir pour éradiquer ces comportements répréhensibles. "Je vais demander à la Ligue de Football Professionnel (LFP) de mener des actions de sensibilisation. On n’arrivera évidemment pas à convaincre tout le monde. On sait très bien qu’au moment des derbys, les émotions sont exacerbées. C’est très bien comme ça, mais il faut le faire dans un cadre respectueux de tout le monde et surtout des autres personnes qui sont au stade. On veut promouvoir un public familial." Et si les actions de sensibilisation ne suffisent pas? "Si des sanctions sont nécessaires, il faut en passer par là", a confirmé la ministre.

"La majorité des supporters n'ont pas l'impression de blesser"

Si elle ne valide pas ces chants homophobes, la présidente de la Ligue de Football Professionnel (LFP), Nathalie Boy de la Tour, explique qu'il s'agit "d'un folklore". "J’assiste à plus de cinquante matchs par an. Ce sont des propos qu’on entend régulièrement. Ça ne veut pas dire qu’ils sont acceptables, mais ils font partie de l’expression d’une ferveur populaire qu’il faut prendre comme telle. Ce que vous entendez dans les stades, vous ne l’entendez pas en dehors, lorsque vous faites vos courses. Le propos pris hors contexte n’est pas acceptable. Maintenant, dans le stade il n’est pas acceptable en tant que tel, mais il fait partie du folklore. (...) Je ne suis pas en train de dire que ça doit le rester, mais c’est une réalité."

Quand on lui parle d'éventuelles sanctions, la présidente botte en touche et met en avant des actions de sensibilisation. "La majorité des supporters n’ont pas l’impression de blesser. Donc le travail d’éducation est important à faire pour montrer que derrière les mots, on peut faire souffrir quelqu’un qui se sent attaqué. Et ça, ce n’est pas acceptable. (...) On ne supprimera pas du jour au lendemain les chants qui ne nous plaisent pas dans les stades. Ce n’est pas possible. Donc j’en reviens au travail de fond sur la pédagogie, la sensibilisation et l’éducation."

Précisons que la LFP a signé ce lundi un partenariat avec la Licra (Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme) pour faire un état des lieux du racisme, de l'homophobie, de l'antisémitisme ou du sexisme présent dans les stades.

Les associations anti-homophobie furieuses

Les propos de Nathalie Boy de la Tour ont profondément choqué plusieurs associations anti-homophobie. "Considérer que ces chants font partie d'un folklore, c'est relativiser et tolérer l'homophobie, ces pratiques doivent être condamnées!", tweete SOS Homophobie.

Stop Homophobie ne dit pas autre chose en rappelant qu'il s'agit d'un délit.