Pour Tchite, tout a basculé en un an

Football

Yves Taildeman

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Pour Tchite, tout a basculé en un an
© D.R.

Le 7 juillet 2005. Le Brussels trouve un accord avec Mémé Tchite concernant une location pour une saison. Le Standard veut se débarrasser de son Congolais. Sont aussi intéressés par un prêt: La Louvière, Lokeren et Mouscron. On connaît la suite. Mémé reste à Liège, marque les yeux fermés et décroche un transfert à Anderlecht.

Mais il y a encore une histoire plus incroyable. «Oui, c'est vrai que j'ai été testé à Anderlecht en 2002, dit Tchite. C'était l'hiver, j'étais resté un mois à Bruxelles. J'avais marqué lors d'un match avec les réserves, et je m'étais entraîné avec Kompany et De Man. L'entraîneur de l'équipe réserve? Euh, Franky Vercauteren. La raison pour laquelle ils ne m'ont pas pris? Mon visa ne me permettait pas de prolonger mon test et Anderlecht avait déjà assez d'attaquants.»

Le Sporting confirme: avec Calincov, Mac Donald et Gerk, le club avait suffisamment de jeunes talents offensifs. «Mais, j'ai aussi été renvoyé par Charleroi et par le Standard, lors de mon premier test à Liège», dit Tchite. Lors de son deuxième passage à Liège, il a pu rester.

Aujourd'hui, la majorité du Standard le considère comme un lâche, surtout après avoir remporté les trois points pour Anderlecht, alors que les «Rouches» avaient des soucis offensifs à Lokeren. Tchite: «J'ai reçu un tas de messages, même de Standardmen. Des positifs, et des négatifs. Des menaces? Je n'y prête pas attention. Il y a des gens qui comprennent, et il y en a qui ne comprendront jamais. Tant pis pour eux. S'ils me sifflent quand j'irai à Sclessin cette saison, cela ne me déstabilisera pas.»

Surnommé «Emile»

Mais qu'est-ce donc que les gens doivent comprendre? Que le contrat offert par Anderlecht était mille fois plus intéressant que celui du Standard? «Anderlecht me voulait vraiment et j'ai fait le bon choix», lâche Mohamed Tchite, alias Mémé. «C'est mon nom depuis que je suis jeune. Au Standard, on m'a appelé Emile, aussi. Parce que je ressemble au plus jeune Mpenza.»

En effet, ils ont la même chevelure, la même détente, la même pointe de vitesse et la même origine congolaise. Bien que pour Tchite, il n'est pas évident de dire de quel pays il vient : «Mon papa est rwandais, ma maman congolaise, mais j'ai aussi vécu au Burundi. Ces trois pays ne cessent de me convoquer pour leur équipe nationale, mais j'ai toujours refusé. J'attends d'être belge, mais pas nécessairement pour jouer pour les Diables Rouges. C'est le coach qui doit décider.»

En Belgique, il a toujours brillé en début de saison surtout, avec 5 buts en 4 matches (en 2005) et 5 goals en 3 matches (2004). Cette fois, il est déjà à deux unités en un match. «Parce que Dieu le veut, dit Tchite. Je crois fort en Lui, oui. Si je suis chrétien ou musulman? Cela n'a pas d'importance. Dieu est là pour tout le monde...»

© Les Sports 2006

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