La course est déjà gagnée. Seule manque encore la parole sacrée de l’huissier. Celui qui mercredi soir veillera à ce que le dépouillement des votes du Soulier d’or ne soit nullement biaisé.

Car si du côté du journal "Het Laatste Nieuws", organisateur du trophée, chacun tente aujourd’hui de récréer un suspense même allégé, la victoire de Dieumerci Mbokani paraît d’ores et déjà assurée.

Les sondages express effecutés au sein des rédactions sportives (les journalistes constituant au demeurant la majorité des votants) semblaient en effet renvoyer au cours des jours derniers des résultats concordants : un mano a mano entre Kevin De Bruyne et Mbokani au premier tour suivi d’un duel de frères entre Silvio Proto et le même Dieumerci lors du second volet du scrutin.

Dans un top 10 élargi, les noms de Benteke, Perbet, Kouyaté, Berrier, Biglia, Bacca mais surtout de Jelle Vossen (véritable candidat au podium) venaient eux aussi se glisser sans que la couronne glissée au pied de Mbokani puisse être menacée.

La régularité

Le sacre annoncé de Mbokani renverra mercredi soir à une double logique. Celle qui veut que le club champion (Anderlecht) se voie, par l’intermédiaire d’un des siens, distingué. Celle qui veut aussi que les joueurs à vocation offensive se retrouvent plébiscités sauf année surprise, cas extrême ou envie soudaine d’originalité.

Car il faut désormais remonter à 2004 pour retrouver trace d’un défenseur (et lequel ! puisqu’il s’agissait alors de Vincent Kompany) dans le palmarès. Sans même parler des souvenirs écornés de 1989 où Michel Preud’homme avait alors été le dernier gardien à l’emporter.

En finissant mercredi soir sur la deuxième marche du podium (sur lequel l’Anderlechtois semble avoir pris une option sans qu’elle lui soit pour autant réservée), Silvio Proto ne se rendra d’ailleurs pas forcément compte de l’exploit qu’il viendra alors de réaliser. Auteur d’une année somptueuse, l’ancien portier louviérois aurait sans doute mérité de l’emporter si la régularité avait fait figure de premier critère. Car au contraire de Mbokani, Proto n’aura jamais sélectionné ses matches, jamais écopé de la moindre journée de suspension, jamais été pris en flagrant délit de démotivation.

Cadeau d’adieu

Mais sans doute y aura-t-il derrière une partie des bulletins marqués au nom de Mbokani l’idée qu’il s’agissait aussi de la dernière chance de récompenser le Congolais. Car, contrairement à Silvio Proto (sans doute parti pour terminer sa carrière au Sporting), Mbokani filera dès l’été vers l’Angleterre. Avec un nouveau soulier au pied