Michel Platini, président de l'Uefa, estime que le champion de Belgique doit pouvoir disputer la C1

ANDERLECHT Présent à Bru-xelles pour la signature d'un accord de collaboration avec la FifPro (voir ci-dessous), division Europe, Michel Platini, président de l'Uefa, a évoqué à nouveau les valeurs qui sont les siennes, celles qui lui ont permis de parvenir à la tête de l'Uefa en janvier dernier. Il souhaite notamment que les clubs des petits pays puissent se manifester sur la scène européenne.

"Il y a plein de choses à faire pour cela", affirme l'ancien stratège des Bleus. "Les clubs issus de pays où les droits télés ne sont pas gigantesques doivent pouvoir s'illustrer en Ligue des Champions. Le champion de Belgique est obligé de passer par un tour préliminaire pour y accéder. Je ne vois pas pourquoi il n'aurait pas le droit d'y participer. S'ils ne le font pas, ils n'auront jamais les moyens de former une bonne équipe. Aujourd'hui, les grands clubs sont ceux qui gagnent le plus d'argent... grâce aux droits télés."

"Le football nécessite des règles spécifiques"

Sepp Blatter, président de la Fifa, aimerait limiter le nombre d'étrangers par équipe. S'il n'est pas contre le principe, Michel Platini pense à la formation des jeunes joueurs et à la protection de ceux-ci, les home-ground players, règle acceptée par la Commission Européenne, sans que cela soit écrit, et par le Parlement européen . "Je comprends et je partage la position de M. Blatter mais j e n'ai pas le cadre pour la défendre car le principe de la libre circulation s'applique en Europe. Le football nécessite des règles spécifiques. Il faut penser à la formation des jeunes et la protéger. On n'élève pas des joueurs pour les vendre, sans qu'ils aient représenté leur club formateur. Je pense que Roger Vanden Stock partage mon opinion (rires). Je soutenais l'arrêt Bosman, qui rendait le joueur libre en fin de contrat, mais la libre circulation est venue s'y greffer. Maintenant, tout le monde signe des contrats... pour ne pas les respecter ensuite."

Michel Platini bouscule pas mal de principes établis. La finale de la Ligue des Champions pourrait ainsi, un jour prochain, se dérouler le week-end. "Qu'elle ait lieu un mercredi soir n'est pas idéal pour les jeunes qui veulent la regarder. Si je vais contre le dictat de l'argent ? L'Uefa ne pourra donner que ce qu'elle a. C'est la popularité du football qui a amené l'argent. Si elle disparaît, l'argent sera amené à suivre le même chemin..."

Michel Platini sait qu'il a beaucoup de travail. "Toutes les questions relatives au football (contrôle des salaires, problème des agents, de la formation, etc.) seront à l'ordre du jour des comités stratégiques de la Fifa et de l'Uefa. Quelque chose évolue, depuis 1998 (NdlR : et l'élection à la Fifa de Blatter), lentement. Le football est une histoire sans fin mais celle-ci doit continuer de s'écrire..."