Les téléphones n’auront pas attendu la veille du match pour chauffer. A quelques jours d’un dernier gala entre la Gantoise et Anderlecht, Pelé Mboyo et Hervé Kage s’apprêtent doucement à accueillir celui qui, avec Mujangui Bia, aura depuis les cours d’école et de cités, formé le dernier ami du quatuor : Anthony Vanden Borre. "Depuis son retour à Anderlecht, on a coché cette date ! J’espère qu’il pourra déjà jouer samedi contre nous."

Car pour toute la fratrie, le temps des coups durs et des passages à vide est désormais enterré. Comme si la renaissance de Pelé Mboyo les avait tous inspirés : "Quand ils ont voulu transférer Hervé à Gand, ils m’ont demandé mon avis, mais personne ne nous a jamais vus comme des caïds, vous savez. Michel Louwagie avait déjà pu constater avec moi qu’il n’y avait pas le moindre souci. Je n’ai jamais voulu me battre contre ma réputation. Je savais qu’en travaillant, le temps me donnerait raison."

Mboyo, Kage, Bia, Vanden Borre : quatre amis d’enfance mais personne ne sait qui a le plus de talent finalement.

Pelé : C’est Anthony à qui tout le monde promettait le plus bel avenir ! Enfin, on a tous eu notre période de gloire. Jusqu’à 13 ans, on ne parlait que de moi. Puis Anthony a pris le dessus. Mais je me souviens qu’à un moment, on ne parlait plus que d’Hervé. D’ailleurs, il a bien mieux réussi que moi à Charleroi !

Justement Hervé, on vous disait déprimé, avec des kilos en trop mais vous êtes déjà revenu à niveau.

Kage : Dès que j’ai remis mon certificat médical à Charleroi, je savais qu’on allait parler sur mon dos. C’est pour cela que j’ai évité de lire la presse dans ces moments-là. J’en ai profité pour travailler avec un préparateur physique comme Anthony l’a aussi fait de son côté. On a même songé à s’entraîner ensemble mais finalement, cela ne s’est pas fait. Et puis, le football, cela ne se perd pas.

Mboyo : Il aurait mérité de partir par la grande porte à Charleroi. Prester jusqu’à la fin de son contrat, c’était tout à son honneur. On aurait dû l’en remercier !

On a l’impression que certains se plaisent à vous salir.

Kage : Non. Ce que je ressens parfois c’est qu’au premier contact, les gens ne savent pas comment réagir avec moi. Ils sont un peu intrigués. Mais ils se rendent vite compte qu’on n’est pas des fauteurs de troubles.

Mboyo : Dans le football, plus rien ne m’étonne. Mais j’ai appris que quoi qu’il arrive, ce sont les qualités qui finissent par compter. Certains pleurent parfois en criant que l’entraîneur ne les aime pas. C’est des excuses pour se cacher ! Un entraîneur n’est pas con : qu’il t’aime ou pas, il finira par te faire jouer s’il a besoin de toi ! Regardez Zlatan : peu de gens l’aiment mais personne ne sait s’en passer.

C’était le cas aussi avec Yannick Ferrera, Hervé ?

Kage : Yannick était un coach extraordinaire. On s’envoie encore des messages aujourd’hui. Il a tout sacrifié pour Charleroi. Le matin, je le voyais arriver avec les yeux rouges parce qu’il avait passé sa nuit à visionner les vidéos de nos matches.

Mboyo : Et Victor Fernandez qu’on a à la Gantoise aujourd’hui, il faut tout faire pour le garder ! C’est le top européen. Et en plus, il a remis tout le monde sur le même niveau. Si quelqu’un arrive en retard, il va en parler aux capitaines puis prendre la parole devant le groupe pour bien faire comprendre qu’on n’a pas tous les droits.

Fernandez à Gand donc. Mais avec vous ou pas ?

Mboyo : Je ne pense qu’à Gand. Certains me disent que je n’aurais jamais dû laisser passer l’opportunité de Norwich, mais c’est faux ! Si je joue bien, l’occasion se représentera. Sinon, cela voulait simplement dire que je n’avais pas le niveau. Après mon accroc avec les supporters, certains pensaient que je voulais forcer mon transfert en janvier. Désormais, chacun peut voir que ce n’était pas vrai. Je veux aider Gand à jouer l’Europe !

Kage : Gand, Gand, Gand. Pas d’autre mot !